Alors que Paris abrite près de 3 500 sans-abris, la réquisition fréquente de gymnases pour les héberger inquiète de plus en plus les clubs sportifs et leurs adhérents. Lors d'une réunion récente, le Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS) a souligné les besoins croissants en matière d'hébergement d'urgence, avec le constat d'une « explosion sans précédent » des demandes, comme l'indique Le Figaro. La ville utilise ses infrastructures sportives pour faire face à cette crise, mais cela soulève un débat sur l'impact de ces réquisitions.
Cinq gymnases parisiens sont actuellement mobilisés, et au total, la ville a réquisitionné jusqu'à huit bâtiments, atteignant un record. Des sportifs expriment un « sentiment d’inégalité territoriale », la municipalité assurant néanmoins que les décisions sont basées sur des critères de sécurité et de capacités d’accueil. Elle précise que « les arrondissements les plus touchés correspondent à des zones sportives importantes ».
Les répercussions sur les activités sportives
Les réquisitions, souvent pour une durée de quatre à six semaines, perturbent sévèrement les activités sportives. « Les compétitions locales sont biaisées », affirment plusieurs athlètes, notamment ceux du centre Jean-Bouin, qui a été mobilisé à neuf reprises depuis 2019. Les clubs de sport se trouvent contraints d'annuler des événements essentiels, ce qui conduit à des refus de renouvellement d'abonnements et des demandes de remboursements de la part des adhérents.
Les clubs de badminton, comme l'ESC15 dans le XVe, rapportent une baisse de 30% de leurs activités en 2025. Les dirigeants soulignent que « comment justifier des adhésions quand l'accès aux installations est si restreint ? » Dans le même temps, des élus, comme Samia Badat-Karam, mettent en lumière les pertes que subissent les clubs, appelant à une solution plus durable.
Échos des élus et réponses municipales
Des maires de différents arrondissements, tels que Geoffroy Boulard du XVIIe, s'élèvent aussi contre ces pratiques. Il a interpellé le préfet d’Île-de-France, arguant que l'hébergement d'urgence doit être de la responsabilité de l'État, illustrant ainsi une tension croissante entre les besoins des sans-abris et ceux des sportifs.
En vertu de cette situation, la municipalité explique qu'elle cherche à réduire la réquisition des gymnases en mobilisant d'autres infrastructures publiques. « Nous prévoyons d'utiliser également des bâtiments vides afin de limiter l'impact sur le monde sportif », précise la ville.
À l'approche des élections municipales, les promesses des candidats se multiplient, incluant des propositions pour élargir l'hébergement d'urgence, soulevant ainsi des enjeux cruciaux pour l'avenir des clubs sportifs parisiens. Emmanuel Grégoire, candidat de l'union des gauches, propose la création de 4 000 places d'hébergement, tandis que Rachida Dati envisage de réquisitionner des bâtiments publics pour répondre à ces besoins.







