Dans le département du Morbihan, une équipe dévouée de cinquante professionnels est à l'œuvre pour soutenir les victimes de violences intrafamiliales, sexistes et sexuelles. Membres du réseau VIF (Violences Intrafamiliales, Sexistes et Sexuelles), ces intervenants traitent annuellement environ 1 900 cas dans la région, se mobilisant surtout en zone gendarmerie.
Selon un témoignage poignant, « le motif est toujours dérisoire : un support mal fixé, un plat qui manque de sel... et cela dégénère rapidement. » Ces mots illustrent les dynamiques dévastatrices qui peuvent mener à des violences intrafamiliales. Depuis le lancement du Grenelle des violences conjugales en 2019, un numéro d'écoute national, le 3919, a été instauré, accessible 24/7. Grâce à cela, le réseau VIF a vu le jour en février 2020 pour renforcer la couverture du territoire.
Au sein de la gendarmerie de Lorient, 11 agents s'y consacrent, couvrant des localités allant de Saint-Pierre de Quiberon à Auray, Pluvigner et d'autres. De plus, les compagnies de Vannes, Ploërmel et Pontivy comptent 35 enquêteurs spécialisés, représentant près de 78 % de la population morbihannaise. Comme l’explique un gendarme de Lorient : « Nous sommes tous formés et volontaires pour cette mission délicate. Notre mission : protéger les victimes, qu’elles soient majeures, mineures, ou en situation de handicap. »
Actions de Nuit
Les gendarmes révèlent que « 90 % de nos interventions ont lieu la nuit, souvent après une consommation d'alcool. » Des addictions jouant souvent un rôle aggravant dans ces situations de crise. Ce constat soulève une réalité troublante, alors que les plaintes pour violences conjugales sont désormais prioritaires par rapport aux simples mains courantes. Selon les adjudants Jean-Philippe Mekerke et Maxime Paret, « une plainte donnée conduit à une enquête systématique, même en cas de retrait de celle-ci. »
L'intervenante sociale, Nelly Sagot, précise davantage son rôle : « Je relie les victimes aux ressources nécessaires, en synergie avec des structures comme le CIDFF et le groupe hospitalier Bretagne-Sud. » Selon elle, « nous avons un réseau de 35 référents spécialisés, y compris des pharmaciens de Plouay, pour répondre rapidement aux besoins des victimes. »
Que faire en cas de violences ?
Les victimes ou les témoins de violences peuvent composer le 17 ou le 3919, permettant une intervention rapide. La mise à l'abri des victimes est une priorité pour les gendarmes, qui s'efforcent de trouver des solutions adaptées, que ce soit dans des foyers dédiés ou des hôtels. Le service 115 est également là pour une mise à l'abri 24/7.
Pour illustrer l’importance de l’intervention précoce, la Majore Marie-Hélène Ledouin insiste sur l’importance d’alerter les autorités si l’on est témoin de violences. « C’est un devoir citoyen et la bonne foi sera toujours prise en compte. » Une non-dénonciation, en revanche, peut entraîner des poursuites. Il est crucial d'éduquer dès le plus jeune âge sur les questions de consentement pour lutter contre ces violences structurelles.
Enfin, chaque personne en difficulté dans la région de Lorient a la possibilité de contacter Nelly Sagot pour une écoute discrète et un accompagnement approprié.







