La célèbre enseigne de meubles Alinéa est désormais dans une situation critique, menaçant de liquider ses activités avec la fermeture imminente de ses points de vente. Au cœur de cette tourmente, le magasin d’Herblay-sur-Seine (Val-d’Oise) voit ses employés se mobiliser au quotidien, cachant leur désespoir derrière des brassards et des affiches portant des messages de colère. Les 77 salariés de l'établissement attendent avec anxiété la date fatidique du 2 mars, date limite pour les offres de reprise évoquées, mais semblent déjà résignés face à l'éventualité de la fermeture de l'ensemble des 35 sites du groupe.
Récemment, une des holdings candidates à la reprise a annoncé son retrait, intensifiant la désespérance parmi les équipes. "On n’y croit plus", lâche Virginie Plessis, employée depuis treize ans. "Aujourd'hui, notre priorité est de réclamer des indemnités de licenciement justes".
« À près de 50 ans, c’est difficile de retrouver du travail »
Les questions quant à l'avenir du magasin fusent parmi les clients. "Vous allez vraiment fermer ?" interroge un visiteur qui assiste à des débrayages réguliers des employés. Rachid Mjahed, délégué syndical CFDT, dépeint un climat de désillusion : "Aujourd'hui, nous sommes traités comme des pions. C'est inacceptable, surtout après tant d'années d'investissement personnel".
De nombreux salariés, présents depuis l’inauguration de ce premier magasin Alinéa en Île-de-France en 2002, ressentent un profond sentiment de perte. Sandrine De Souza, responsable de service, évoque une transition douloureuse. "On a vu tant de changements au fil des ans, et maintenant, tout est en train de s'effondrer". Des témoignages similaires d'employés, comme Victor Lopes Depina, qui évoque son inquiétude quant à la recherche d'emploi à 48 ans, reflètent la répercussion économique sur leurs familles.
Des salariés dénoncent les « mauvaises orientations »
Le mécontentement ne s'arrête pas là. Taieb Cheurfi, employé depuis 2006, dénonce le manque de cohérence dans la stratégie commerciale de l’entreprise. "On nous promettait des investissements et tout s'effondre maintenant", déplore-t-il, insistant sur l'exigence d'être traités avec respect en cas de liquidation. Les salariés accusent notamment la direction du groupe Mulliez de s'être fourvoyée dans des choix stratégiques inadaptés, visant une clientèle plus aisée sans tenir compte des réalités du marché.
"Il y a eu trop de déceptions et d'investissements négligés, notamment dans notre magasin", conclut Virginie Plessis. "Le manque de budget pour les travaux nécessaires a un impact direct sur notre visibilité auprès des potentiels repreneurs". Aucune réaction n’a encore été obtenue de la direction d’Alinéa, laissant les employés dans le flou et l’angoisse quant à leur avenir professionnel.







