Comment peut-on mourir seul en prison, sans aide ni réconfort ? C'est ce que se demande aujourd'hui Judy-Gaël Grochain, le frère de Frédéric, un détenu de 31 ans de Nouvelle-Calédonie, décédé dans sa cellule à la prison de Varennes-le-Grand en Saône-et-Loire. Après un transfert en France en raison des émeutes de 2024, c'est là qu'il a finalement perdu la vie, laissant ses proches dans un choc profond.
Son autopsie, réalisée après son décès le 6 février, a révélé qu'il souffrait de tuberculose, maladie dont ses proches n'avaient pas conscience. L'inquiétude est palpable : « Comment un homme peut-il agoniser sans que personne ne soit là pour lui ? », interroge son frère, qui avait tenté de le joindre avant d'apprendre la tragique nouvelle.
Des signes alarmants ignorés
Judy-Gaël évoque également l'inquiétude croissante des surveillants de la prison, qui avaient alerté les responsables sur l'état de santé dégradé de son frère. Julie Jarno, l'avocate de Frédéric, a également partagé son inquiétude. Lors de leurs derniers échanges, elle n'a pas remarqué de changement significatif dans son attitude mais a souligné de graves problèmes psychologiques, qui n'ont pas été pris en compte par l'administration pénitentiaire.
« Frédéric avait été hospitalisé pour des troubles psychologiques, mais son état négligé a conduit à des situations inquiétantes dans sa cellule », ajoute-t-elle. Cela soulève des interrogations sur la gestion des soins dans les établissements pénitentiaires.
Un appel à la vigilance et à la responsabilité
Dans ce contexte, l'UFAP, le syndicat des surveillants de prison, a annoncé son intention de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, pointant du doigt la contagion de la tuberculose au sein de l'établissement. « Le personnel administratif et médical doit établir une communication claire pour assurer la sécurité de tous », déclare Romain Bernier, secrétaire régional de l'UFAP.
Les avocats estiment que le système de santé en prison doit être révisé pour prévenir de telles tragédies. Judy-Gaël Grochain termine, désarmé par la douleur, en plaidant pour une réforme qui pourrait sauver d’autres vies à l’avenir : « Il est inacceptable qu’une personne meure dans l’indifférence à 31 ans. Nous devons changer les choses. »
Contactée, l'Agence régionale de santé n'a pas répondu à nos demandes d'informations. En attendant, le débat sur les soins dans les prisons se poursuit, posant des questions essentielles sur le bien-être des détenus et la responsabilité de l'État.







