Le 26 février 2025, la résidence Réunion dans le quartier Pierre-Loti d'Aytré (Charente-Maritime) a été ravagée par les flammes, rendant 16 des 31 logements sociaux inoccupables. Jacky Dessed, trésorier de l'AFOC17, se remémore la scène : 'Les pompiers se sont acharnés, ça brûlait bien'. Grâce aux vents marins, son local a été épargné, mais les conséquences de cette tragédie sont toujours présentes.
Un an plus tard, le bâtiment se dresse, partiellement calciné, avec une toiture éventrée. Toujours partiellement protégé par des palissades métalliques, une quinzaine de familles occupent l'autre moitié de la résidence. En septembre, l'expert judiciaire a convoqué les assureurs, avocats et locataires, mais sans avancées significatives. Les locataires concernés se rejettent la faute, analysant la conception même du bâtiment. L'expert reviendra en mars 2026 pour un nouvel audit.
Mickaël Jungers, directeur d'Habitat 17, souligne que la résolution judiciaire est nécessaire avant de procéder à toute intervention. Selon lui, cela pourrait retarder les travaux de plusieurs années : 'Une fois que la justice aura tranché, nous attendons à engager de longues études et travaux'. L'ambition est de réhabiliter l'édifice tout en respectant l'architecture initiale.
Les familles sinistrées, comme Stéphanie, qui a longtemps été relogée dans l’urgence, reçoivent le soutien de la municipalité. Après neuf longs mois de transition, elle et ses enfants ont emménagé dans un logement neuf. 'Retrouver un chez-soi est un soulagement, même si l’attente a été éprouvante', confie-t-elle.
Cependant, le chemin de la guérison est semé d'embûches. Stéphanie avoue que les souvenirs de l'incendie sont inoubliables. Sa fille ne tolère même plus la lumière d'une bougie depuis l'incendie : 'On a vécu des événements tragiques, chaque catastrophe nous rappelle notre épreuve', déclare-t-elle, ajoutant qu’ils ont perdu presque tous leurs livres, plongeant toujours dans les notices des meubles en kit qu'elle assemble pour se reconstruire.
Alors que le débat autour des responsabilités juridiques se prolonge, l'ombre de l'incendie pèse lourd sur les convives du quartier, et la route vers la réhabilitation reste incertaine.







