Les discussions à l'Assemblée nationale sur la légalisation de l'aide à mourir ont repris, avec un vote prévu le 24 février, dans un cadre législatif particulièrement controversé.
Michel Houellebecq, figure emblématique de la littérature contemporaine et critique aguerri de l'euthanasie, a exprimé son désaccord lors d'une réunion publique le 17 février. Son intervention s'inscrit dans la continuité de son opposition à cette proposition de loi, qui vise à autoriser l'assistance au suicide dans certaines conditions. "Le terme 'loi de fraternité' semble trahir le sens même de fraternité. L'idée de provoquer la mort pour des raisons compassionnelles m'interroge," a-t-il déclaré, soulignant ses préoccupations éthiques.
Lors des débats parlementaires, le président Macron a promis, en mars 2024, une "loi de fraternité" qui ambitionne de trouver un équilibre entre l'autonomie individuelle et la solidarité nationale face à la souffrance. Cette loi encadrerait la possibilité pour les patients en fin de vie de choisir de mettre un terme à leur existence de manière assistée. Cependant, les opinions divergent sur la rigidité des critères d'accès à cette aide, certains jugent qu'ils manquent de fermeté.
Une opposition éthique et philosophique
Le projet de loi, relancé lundi, a suscité un débat intense tant au sein de l'Assemblée qu'auprès du public. Les partisans de cette mesure soulignent les protections et les douces mesures d'accompagnement visant à préserver la dignité humaine. À l'inverse, les opposants, dont Houellebecq fait partie, soulignent le risque d'une dérive où l'accompagnement de la souffrance pourrait être perçu comme une facilité de mettre fin à la vie.
À 69 ans, l'écrivain continue de défendre l'idée que la vraie avancée se trouve dans l'amélioration des soins palliatifs plutôt que dans la promotion de l'euthanasie. "Administer une substance létale est une chose que l’humanité sait réaliser depuis longtemps, mais trouver des façons de soulager la souffrance, c’est ce qui constitue un véritable progrès," a-t-il affirmé, soulignant les dangers de ce qu'il considère comme une "régression" pour la société. Comme l'indiquait récemment une étude de l'Institut Montaigne, la question de la souffrance en fin de vie reste d'une extrême complexité, où le besoin de dialogue et de compréhension est plus que jamais essentiel.







