La marche prévue à Lyon ce samedi en hommage à Quentin Deranque, étudiant nationaliste décédé, fait l'objet de nombreuses discussions au sein des sphères politiques et médiatiques. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé que les autorités ne demanderaient pas l’interdiction de l’événement, bien qu'il s'attende à la participation de 2.000 à 3.000 personnes, principalement des militants d’ultradroite.
Cette décision est d’autant plus controversée que des personnalités politiques, comme le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, ont exprimé leurs préoccupations. Doucet a réclamé l'interdiction de la marche, arguant qu'elle pourrait entraîner des troubles à l'ordre public. Manuel Bompard, de La France Insoumise, a également qualifié la marche de « véritable démonstration fasciste », jugeant qu'elle représente un risque pour les habitants de la ville.
Tensions potentielles en perspective
Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, prévoit également des affrontements possibles entre extrême droite et extrême gauche lors de cet hommage : « Les esprits sont un peu échauffés », a-t-il indiqué. Selon lui, les réseaux sociaux, notamment des groupes Telegram, montrent une mobilisation active des deux camps. Il met en garde contre le risque que la situation dégénère, surtout en soirée, alors que la manifestation se termine.
« Ce n'est pas une manifestation revendicative mais un hommage. Par principe, il aurait été compliqué de l’interdire, compte tenu de l'émotion suscitée par le décès de Quentin », a aussi indiqué une source proche du dossier à 20 Minutes. Les services de renseignement ont évalué les menaces potentielles et ont élaboré un dispositif de sécurité adapté pour maîtriser la situation pendant l'événement.
Une gestion des risques complexe
Les autorités s'attendent à des hommages similaires dans d'autres villes, indiquant que le risque n'est pas limité à Lyon. Une interdiction de la marche aurait sans doute engendré davantage de tensions et de rassemblements spontanés moins contrôlables. À en croire nos sources, mieux vaut anticiper un événement hautement risqué plutôt que de laisser place à des rassemblements non encadrés, dont l'issue pourrait être bien plus incertaine.
Alors que les discussions autour de cette marche se poursuivent et que les tensions montent, les autorités devront naviguer habilement entre le respect des libertés d'expression et la nécessité de maintenir l'ordre public dans une ville déjà marquée par de profondes divisions.







