En février 2022, le décès tragique de Jeremie Cohen, un homme de 31 ans souffrant de troubles psychiques, a marqué les esprits. Après avoir tenté de fuir des agressions physiques, il a été percuté par un tramway à Bobigny, un incident qui a suscité un vif émoi dans la société française.
Quatre ans après ce drame, la justice a rendu son verdict. Miguel D., l’agresseur, a été condamné le 20 février à dix ans de réclusion criminelle pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ce jugement a été prononcé par la cour criminelle de Seine-Saint-Denis, reconnaissant le lien entre ses actes violents et la mort de Cohen.
« La cour a considéré que les violences que vous avez commises sur la personne de Jeremie Cohen avaient été la cause directe de sa fuite et donc de son décès », a déclaré le président du tribunal, Christophe Petiteau, lors de l’audience.
Pour l’accusation, le comportement de Jeremie Cohen, qui a subi des coups de poing et de pied, était clairement compréhensible dans le contexte : « Il ne pouvait que vouloir fuir sans réfléchir », a souligné l’avocat général, Théo Lemettre, qui a également demandé une peine de onze années de prison.
Malgré sa culpabilité avouée, Miguel D. a tenté de minimiser son rôle pendant le procès en affirmant que les violences subies par Cohen n’étaient pas la cause de sa mort. Cependant, l’accusation a rebuté cette affirmation, arguant que si ces violences n'avaient pas eu lieu, Cohen serait toujours en vie.
Des violences filmées témoignent de la réalité
Un élément clé du procès fut une vidéo obtenue par la famille de Cohen, démontrant clairement la violence du groupe et la collision tragique. Ce document visuel a révélé que la mort de Cohen a eu lieu moins de quinze secondes après le dernier coup reçu, renforçant l'argument de la nécessité de justice dans ce tragique enchaînement d'événements.
D’autres personnes impliquées dans l’altercation ont également été jugées. Kenny A., un poseur de voies ferrées de 27 ans, a reçu une peine de trente mois, dont quinze avec sursis, pour violences en réunion. Bien qu'il ait reconnu avoir frappé Cohen, il est reparti libre grâce à des circonstances atténuantes.
La défense a tenté d'arguer que la violence des accusés était une réaction disproportionnée à un comportement qu’ils qualifiaient d'inapproprié de la part de Cohen. Les avocats de la famille ont dénoncé ce raisonnement, le qualifiant de prétexte pour justifier des « violences gratuites ».
Le cas de Jeremie Cohen, qui a pris une ampleur médiatique nationale, a également été exploité à des fins politiques, suscitant des débats autour de la sécurité, de la santé mentale et de la responsabilité sociale. Comme l'a souligné l'avocat général, l'incident ne peut pas être mis dans la catégorie des meurtres ou de violences motivées par des raisons extrêmes ; il s’agit d’un acte collectif de lâcheté et d’inacceptabilité.
La famille, déterminée à obtenir justice pour Jeremie, a poursuivi son combat en appelant à témoins et en cherchant à maintenir l'affaire dans l'actualité, notamment en sollicitant des figures publiques pour faire avancer leur cause.
Ce verdict, bien qu'il soit le point culminant d’une affaire tragique, soulève de nombreuses questions sur la violence dans la société moderne et sur la manière dont la justice s’attaque à de tels actes. L'affaire Cohen restera tristement emblématique des défis auxquels la société doit faire face pour prévenir de telles tragédies à l'avenir.







