Une organisation de protection des amphibiens a récemment célébré un succès courtisan dans une bataille judiciaire qui dure depuis 2016. L’enjeu ? Un projet de création de 76 logements contesté pour ses impacts environnementaux.
« Nous sommes contents de cette décision, mais nous restons prudents », a déclaré Marc Hertert, porte-parole de l'association La salamandre de l’Asnée. Avec son équipe, il a accueilli avec soulagement la récente décision de la cour administrative d’appel de Nancy. En effet, cette victoire survient après une décennie de mobilisation, débutée avec une réunion de sensibilisation auprès des habitants du quartier le 16 mars 2016.
Une bataille pour la biodiversité
Ce dossier complexe a connu plusieurs rebondissements juridiques, impliquant la préfecture de Nancy et les tribunaux. Il concerne une espèce protégée depuis environ cinquante ans, à savoir la salamandre tachetée, dont l'habitat est menacé par l'urbanisation croissante, notamment l'effacement des zones humides. L'association La salamandre de l’Asnée a donc décidé de contester le projet de la société de construction Batigère, qui fabriquait trois immeubles sur la rue de Versigny, en périphérie de Nancy.
« Nous défendons non seulement cette espèce nocturne difficile à apercevoir, mais aussi une myriade d'autres espèces, des écureuils aux libellules en passant par de nombreux oiseaux, qui pourraient souffrir de ce projet immobilier », a souligné Marc Hertert.
Après un long combat judiciaire, la cour administrative d’appel a annulé deux arrêtés de la préfecture de Meurthe-et-Moselle, permettant à Batigère de bénéficier de dérogations concernant les réglementations sur la protection des amphibiens.
« Nous prenons acte de cette décision. En tant que bailleur social, nous avons toujours pour objectif de respecter la réglementation et de mener nos projets de manière exemplary », a déclaré la société de construction dans un communiqué. Néanmoins, Marc Hertert reste vigilant : « Batigère a désormais deux mois pour envisager un pourvoi en cassation devant le Conseil d’État. »







