Loris Bonato, résident de Saint-Martin-de-Fressengeas, a installé un pluviomètre dans son jardin pour suivre les précipitations. Depuis son emménagement dans le Périgord Vert en 2010, il n'avait jamais enregistré une telle quantité d'eau durant les 45 premiers jours de l'année.
À l'entrée de sa demeure en pierre, il ne cache pas son désarroi : "C'est un bourbier. Jamais je n'avais vu ça !" Ces mots résument la surprise et l'inquiétude que ressentent nombreux habitants de la région face à ces conditions climatiques extrêmes.
En effet, grâce à son pluviomètre, ce passionné de météo calcule avec précision les quantités de pluie qui tombent. Selon ses relevés, il affiche déjà 383 litres depuis le 1er janvier, soit près de 38,8 centimètres. "Cela fait presque le double des standards habituels pour cette période," dit-il en consultant son carnet de notes.
Un chiffre impressionnant : 383 litres en 45 jours
Chaque matin, Loris notifie ses mesures dans un carnet de cuir noir. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : "Aujourd'hui, nous avons encore reçu 18 litres. 383 litres au total depuis le début de l'année, c'est exceptionnel !" Avec des journées comme celle où il a mesuré 44 litres en une seule fois, les records s'accumulent, rendant son suivi encore plus fascinant.
Pourtant, derrière ce phénomène climatique se cache une inquiétude. Passionné de jardinage, Loris est conscient que ces pluies torrentielles peuvent avoir des conséquences néfastes. "Le sol ne peut plus rien absorber, il ne respire plus. Trop de pluie peut être tout aussi catastrophique qu'une sécheresse," prévient-il.
Un appel à la modération
Avec un carnet qui commence à être bien rempli, il prévient : "Un début d'année aussi pluvieux ne signifie pas que l'année entière sera pareille. Ce phénomène pourrait être suivi d'une forte chaleur, comme une canicule." Loris souhaite des précipitations plus régulières, qui nourrissent le sol sans le saturer, un équilibre si crucial pour la santé des cultures au Périgord.
Des experts en climatologie et agronomie s'accordent à dire que des changements radicaux dans les régimes de pluie peuvent perturber les écosystèmes locaux. Les scientifiques appellent à une réflexion approfondie sur les effets du changement climatique pour anticiper et adapter les pratiques agricoles.







