Anna-Maria et Dylan Breysacher, un couple franco-ukrainien, ont quitté Granville, en Normandie, pour s'installer à Kiev. En 2024, après quatre ans de conflit, Anna-Maria ressent le besoin de retourner sur ses terres natales. "C'était essentiel pour moi de partager ces moments difficiles avec ma famille et mes compatriotes", confie-t-elle.
Une vie rythmée par les bombardements
Dylan, son mari, n'hésite pas à les rejoindre à Kiev en janvier 2025. "Nous nous connaissons depuis huit ans, et jamais je n'aurais pensé vivre en Ukraine, surtout en temps de guerre. Mais chaque jour passé ici renforce mon attachement à ce pays", avoue-t-il. Leur choix déstabilise leurs proches, mais le couple trouve un équilibre entre leur vie professionnelle—Anna-Maria en tant que psychologue et Dylan professeur d'histoire-géographie—et les tumultes du conflit.
Comme ils l'expliquent, les alertes, les bombardements et les coupures d'électricité font partie de leur quotidien. "Nous passons souvent des journées sans électricité, toujours en veille à cause des alarmes sur nos téléphones", décrivent-ils avec une lucidité habituée à cette nouvelle réalité.
Réactions face à l'inquiétude quotidienne
Les bruits de drones sont familiers, tout comme l'angoisse qui les accompagne. "C'est une réalité que la plupart des gens ne peuvent imaginer. Nous devons constamment nous protéger, souvent en nous précipitant dans un abri car les bombardements surviennent sans prévenir", souligne Dylan.
Ce dernier évoque son sentiment de colère face à l'impuissance actuelle. "Nous voyons la destruction autour de nous, et il est frustrant de constater que tout cela se produit alors que nous essayons de vivre comme n'importe qui d'autre". Avec la situation politique, ils espèrent des améliorations, mais restent lucides. "Nous savons que la paix avec la Russie semble lointaine", affirme Dylan.
Un futur pour l'Ukraine
Pour eux, il est essentiel de rester dans le pays, malgré les difficultés. "Si les gens partent, pourquoi devrions-nous nous battre ? Chaque personne qui reste ici compte pour l'avenir de l'Ukraine", disent-ils avec conviction.
Anna-Maria, ayant vécu la révolution de Maïdan en 2014, et Dylan, dont la perspective sur les mémoriaux normands a changé, entrevoit un futur où l'Ukraine se rappelle de son histoire récente. "Je rêve d'un avenir où il y aurait des lieux de mémoire, témoignant de la résilience du peuple ukrainien".
Comme l'affirme Dylan, "Nous vivons ici tant que nous le pouvons. C’est notre lutte pour l'Ukraine, et nous ne reculerons pas".







