D'après le rapport 2024 du Conseil d'orientation des retraites (COR), les disparités entre le dernier revenu d'activité et la pension varient considérablement selon les métiers et les statuts des assurés. En règle générale, plus le salaire est élevé, plus le taux de remplacement est faible.
Le départ à la retraite signifie souvent une diminution des revenus. Cependant, toutes les professions ne présentent pas le même taux de remplacement, qui mesure le pourcentage de la pension par rapport au dernier salaire. Dans son analyse annuelle, le COR examine divers scénarios concrets permettant de mieux saisir les mécanismes de ce phénomène.
Revenus et taux de remplacement
Le COR souligne que les exemples qu'il fournit ne doivent pas être considérés comme des représentations exactes de tous les assurés d'une même catégorie, mais plutôt comme des indications à prendre avec précaution. Malgré cela, certaines tendances en ressortent. Ainsi, parmi les onze cas étudiés, le meilleur taux de remplacement lors d'une retraite à taux plein est observé chez la "femme avec deux enfants", atteignant 80,4 %. Cela signifie que sa pension correspond à 80,4 % de son dernier salaire. Cette situation est principalement due aux salaires souvent inférieurs des femmes, qui subissent des inégalités de revenu et sont plus fréquemment en emploi à temps partiel.
Les différences de revenu expliquent également pourquoi un salarié non-cadre a un taux de remplacement plus élevé que celui d'un cadre (respectivement 76,1 % contre 52,9 %). Cependant, les périodes de chômage semblent affecter ces chiffres, le taux de remplacement pour un non-cadre ayant connu le chômage étant légèrement inférieur, à 69,4 %.
L'impact des primes sur la pension
Dans le cas des fonctionnaires, la part des primes perçues joue un rôle déterminant dans le taux de remplacement, car celles-ci ne sont pas prises en compte dans le calcul des pensions, renforçant ainsi l'écart entre le revenu et la pension. Par exemple, un fonctionnaire de catégorie A avec un faible taux de prime bénéficie d'un taux de remplacement de 75,4 %, tandis qu'un fonctionnaire de catégorie A+ (haut fonctionnaire) ayant un taux de prime élevé ne bénéficie que de 47,8 %.
De la même manière, un aide-soignant dont les primes constituent 38 % de son salaire se retrouve avec un taux de remplacement limité à seulement 58 %.







