le chiendent : qui est-il et comment le reconnaître ?
Le terme « chiendent » englobe plusieurs graminées vivaces à rhizomes traçants qui colonisent rapidement les sols. Leur système racinaire souterrain forme un réseau de rhizomes très résistant : c'est cette réserve souterraine qui rend l'espèce si difficile à éradiquer. Parmi les plus courantes on trouve :
agropyron repens (petit chiendent) : tiges dressées jusqu'à 1 mètre, épillets clairs visibles du printemps à l'automne ; il forme souvent une pelouse rustique.
cynodon dactylon
méthodes fiables pour se débarrasser du chiendent
La lutte demande constance et méthode : creuser ou bêcher à répétition fragmente les rhizomes et favorise la multiplication. Les techniques efficaces misent sur l'extraction, l'épuisement et la prévention.
- Extraire mécaniquement : utilisez une grelinette ou une fourche-bêchante pour soulever la terre sans la retourner. Repérez et retirez soigneusement les rhizomes visibles.
- Éliminer correctement les déchets : mettez les rhizomes dans un sac étanche jusqu'à décomposition, ou confiez-les au compostage thermique (piles atteignant 60 °C) ; ne les dispersez pas. Dans certaines zones, le dépôt en déchetterie végétale est préférable.
- Épuiser et prévenir : après extraction, couvrez la parcelle avec une bâche opaque ou un paillage épais pendant plusieurs mois pour priver les repousses de lumière. Recoupez régulièrement les jeunes pousses en bordure pour éviter la ré-invasion.
- Évitez les méthodes qui fragmentent les rhizomes (bêche répétée, désherbage manuel mal fait) ou stimulent la repousse (désherbage thermique fréquent).
- Dans les situations sensibles (pelouses, potagers), créez des bordures physiques et des allées pour contenir la progression.
vertus, usages et place du chiendent en permaculture
Si le chiendent est indésirable dans les cultures, il présente des qualités : ses rhizomes sont riches en glucides de réserve (fructosanes, amidon) et en sels minéraux, d'où des usages traditionnels en phytothérapie. On lui prête des propriétés diurétiques, dépuratives et anti-inflammatoires. En usage courant, on prépare :
- infusions ou décoctions à base de rhizome séché pour stimuler l'élimination rénale (à consommer avec prudence) ;
- employé parfois comme adjuvant dans des préparations dépuratives, après avis médical.
En permaculture, la logique diffère : on privilégie le couvert permanent du sol et la vie du sol plutôt que le désherbage systématique. Toutefois, laisser le chiendent prendre le dessus compromet les cultures. Stratégies conciliantes :
- prévenir par des paillages organiques épais et par des plantes couvre-sol compétitives ;
- tenir les zones cultivées libres de rhizomes avant de poser un paillage durable ;
- utiliser des outils respectueux du sol (grelinette plutôt que bêche) pour préserver la structure et la faune du sol.
Enfin, prudence : en cas de traitements médicaux, de grossesse ou de pathologies rénales, consultez un professionnel de santé avant toute consommation de préparations à base de chiendent. Avec patience et méthode, on peut limiter durablement sa présence tout en tirant parti, le cas échéant, de ses propriétés.







