À mille mètres sous terre, la chaleur et l'humidité rendent le travail des mineurs polonais éprouvant. Ils manœuvrent de puissants engins pour extraire un minerai riche en cuivre et en argent, essentiels pour plusieurs secteurs technologiques et énergétiques. "Ces métaux sont cruciaux pour les équipements électroniques et les véhicules électriques," déclare Ariel Wojciuszkiewicz, géologue à la mine de Polkowice-Sieroszowice, dans l'ouest de la Pologne.
La demande mondiale en cuivre ne cesse de croître, alimentée par des domaines variés tels que l'intelligence artificielle et les besoins militaires, avec le cuivre devenu un baromètre des économies mondiales. La mine de Polkowice-Sieroszowice est l'une des trois exploitations du groupe KGHM, qui possède également des fonderies en Europe et en Amérique.
Deuxième producteur mondial d'argent et parmi les plus grands producteurs de cuivre, KGHM a extrait 710.000 tonnes de cuivre en 2025, ce qui le place en position favorable, même derrière des géants comme BHP Group et Glencore. Les galeries de la mine s'étendent sur des centaines de kilomètres et tournent sans interruption, produisant un vacarme assourdissant.
80 kg de cuivre dans une voiture électrique
Un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement prévoit une augmentation de plus de 40% de la demande en cuivre d'ici 2040. Pour y répondre, "il pourrait être nécessaire de créer 80 nouvelles mines et d'investir 250 milliards de dollars d'ici 2030," souligne le rapport. L'Agence internationale de l'énergie avertit qu'une grande partie de cette demande ne sera pas satisfaite d'ici 2035, en raison de la dépendance croissante à cette ressource.
Piotr Krzyzewski, vice-président de KGHM, rappelle que chaque voiture électrique nécessite environ 80 kg de cuivre, contre seulement 20 kg pour une voiture traditionnelle. Dans les éoliennes, on peut retrouver de quatre à dix tonnes de cuivre par mégawatt. Dans la fouille de Glogow, des ouvriers en combinaisons de protection ouvrent d'énormes fours, où le minerai est fondu à 1.200°C, donnant naissance à des plaques de cuivre pur expédiées dans le monde entier.
En 2025, les prix du cuivre ont atteint un pic à 14.527,50 dollars la tonne, surpassant régulièrement la barre des 12.000 dollars, malgré des conditions géopolitiques incertaines. Avec des ressources encore estimées à au moins 40 ans, KGHM joue un rôle essentiel dans la sécurité énergétique de l'Europe.







