Les Départements réfléchissent à l’intégration de l’intelligence artificielle dans leurs services. Parmi les enjeux, l’allègement des tâches, la souveraineté territoriale et la protection des données.
Depuis l'apparition de ChatGPT, les élus départementaux de la Vienne constatent une utilisation croissante de l’intelligence artificielle par leurs agents. Alain Pichon, président de la Vienne, et François Savaudet, président de l’Association des Départements de France, ont ainsi souligné la nécessité de développer un cadre réglementaire adapté à ces nouvelles pratiques. En collaboration avec Claude Riboulet, président de la commission innovation numérique et IA, ils explorent les possibilités offertes par l'IA.
Alain Pichon, comment les services départementaux comptent-ils tirer parti de l’IA ?
« Nous observons déjà une utilisation significative de l’IA pour réduire le temps consacré aux tâches répétitives. Le club Data-IA est une excellente initiative, car il permet d’échanger sur les meilleures pratiques actuelles et d’explorer les perspectives d’avenir. Par exemple, grâce à l’IA, nous pourrions optimiser la consommation d’énergie dans nos collèges de 15 à 20 %. En automatisant certaines tâches, nous gagnerons un temps précieux pour améliorer les services auprès des citoyens. Je suis convaincu qu’avant 2027, nous pourrons mettre en place des solutions efficaces et bénéfiques. »
François Sauvadet, quel rôle joue le data center dans cette intégration de l’IA ?
« Notre département gère une grande quantité de données, et le data center assure leur protection tout en nous permettant de conserver la souveraineté sur leur gestion. Nous collaborons avec la CNIL pour garantir la sécurité des données personnelles. Bien que l'intégration de l'IA dans nos services soit encore à ses débuts, nous savons qu'il s'agit d'une avancée inévitable. La priorité reste cependant la protection des données des citoyens. »
Claude Riboulet, avez-vous abordé les enjeux éthiques liés à l'IA ?
« Effectivement, nous avons pris conscience de l'énorme quantité de données sur nos concitoyens à protéger. Tous les départements doivent intégrer cette notion. L'équilibre entre une amélioration des services par l'IA et la maîtrise de ces outils est crucial. Il est de notre responsabilité de garantir les compétences nécessaires pour le faire. »
L'IA à l'échelle des maires
Le 10 juin 2026, la première réunion des Maires de France se tiendra sur ce thème. Jérôme Neveux, président de l’Association des maires de la Vienne, souligne l'importance de ces discussions. « Les retours sur l'intégration de l'IA varient considérablement d'une commune à l'autre. L’IA aura un impact sur nos services publics, mais cela nécessite un encadrement précis. »
Il insiste sur la nécessité d'une formation des municipalités pour profiter pleinement des outils IA, qui ne substitueront pas les élus mais les aideront à mieux gérer les budgets et simplifier les démarches administratives. En définitive, il est crucial que l’IA soit un allié pour nos services publics, conclut-il.







