Dans un retournement surprenant, les députés de Guyane Jean-Victor Castor et Davy Rimane (GDR) ont officiellement annoncé leur rupture avec la gauche française. Ce positionnement a été motivé par le récent rejet en commission de la proposition de loi visant à relancer l'exploration pétrolière en outre-mer, un sujet sensible dans le contexte actuel des débats écologiques.
Cette proposition de loi, portée par le sénateur guyanais macroniste Georges Patient, a pour objectif de lever l'interdiction d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins. Adoptée en janvier au Sénat, elle se prépare à être examinée à l'Assemblée nationale le 11 juin.
Mercredi dernier, la commission des affaires économiques a décidé de rejeter cette loi, supprimant son article principal grâce aux amendements proposés par les groupes {{Citation|LFI}} et {{Citation|Écologistes}}. Cette décision a profondément choqué les deux députés, qui estiment que les récentes votes (28 contre 18) témoignent d'un décalage avec les réalités ultramarines.
"Le cœur de la gauche est populaire ; soutenir les plus précaires est essentiel", clament M. Castor, rapporteur de la proposition, et M. Rimane, président de la délégation aux outre-mer. Ils dénoncent un choc des mentalités, qualifiant la bien-pensance de gauche et les macronistes d'opposants à leurs ambitions. "Les masques tombent", ajoutent-ils, dénonçant un abandon manifeste des enjeux ultra-marins.
Pour ces élus, la "précarité extrême" en Guyane, maintenue dans un état de dépendance économique et de sous-développement, justifie le besoin urgent de revitaliser l'industrie pétrolière. Bien qu'ils affirment ne pas être climatosceptiques, ils soulignent que le débat ne peut être contraint par des positions dogmatiques. "Nous parlons de souveraineté, de développement, et de dignité pour la Guyane", précisent-ils.
Cependant, les députés opposés à cette mesure mettent en garde contre les risques environnementaux sérieux que pourrait engendrer l'exploitation des hydrocarbures, plaidant qu'elle représenterait un recul majeur dans les efforts français pour atténuer le changement climatique. Ils affirment également que cette approche ne répondra pas aux véritables enjeux rencontrés dans les outre-mer.
Les pays limitrophes de la Guyane, tels que le Brésil, le Suriname et la Guyane, connaissent un boom pétrolier avec de nouvelles exploitations offshore. Les Guyanais, à juste titre, se sentent lésés par cette situation. Cependant, les militants écologiques soulignent que la réalité est plus complexe, affirmant qu'il n'existe pas de ressources pétrolières exploitables dans la zone maritime around Guyane. Un permis d'exploration accordé à Total, qui a depuis changé de nom pour devenir TotalEnergies, a expiré sans avoir produit de résultats tangibles en 2019.







