Les présidents américain et iranien ont signé, à distance, un protocole d'accord destiné à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. Cette décision marque le début des négociations qui s'ouvriront vendredi en Suisse.
Ce nouvel accord met fin à un conflit qui avait éclaté le 28 février, impliquant les États-Unis et Israël, et causant des milliers de décès principalement en Iran et au Liban, tout en impactant lourdement l'économie mondiale. Les marchés ont réagi positivement à la perspective de la réouverture du détroit d'Ormuz, un axe stratégique, entraînant une chute des prix du pétrole.
Avec cet accord, une période de 60 jours est désormais prévue pour des discussions détaillées sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions internationales qui pèsent sur la République islamique.
"Je viens de le signer," a déclaré Donald Trump à la presse après un dîner au château de Versailles en compagnie d'Emmanuel Macron. Une vidéo diffusée sur X montre l'ancien président américain signant le protocole, tout sourire, aux côtés de Macron.
Ce protocole a également été paraphé par le président iranien Massoud Pezeshkian.
Les premières négociations se tiendront cet après-midi dans un hôtel de luxe au Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne. Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé que les États-Unis et l'Iran, accompagnés de médiateurs tels que le Pakistan et le Qatar, allaient se rencontrer.
Selon le Premier ministre pakistanais, il s'agit d'un moment historique visant à célébrer cet accord et à débuter les discussions techniques.
La présence des négociateurs en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf pour l'Iran et JD Vance pour les États-Unis, a été confirmée, bien que des détails supplémentaires sur le déroulement de la réunion restent flous.
- Chute des cours du pétrole -
Le texte du protocole stipule la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran depuis le début des hostilités, ainsi que la levée du blocus américain sur les ports iraniens. Cette annonce a provoqué une nouvelle baisse des prix du pétrole, qui avait vu avant la guerre, un cinquième du brut mondial transiter par cette voie.
À 09H30 GMT, le prix du baril de Brent a chuté de 2,06 %, atteignant 77,91 dollars, s'approchant de son niveau d'avant-guerre, qui se situait entre 60 et 70 dollars.
L'accord a été interprété par le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, comme une démonstration de l'échec des États-Unis face à l'Iran.
Téhéran a également souligné l'importance de la promesse de débloquer des avoirs gelés à l'étranger et de suspendre les sanctions sur l'exportation de pétrole iranien dès l'application de l'accord.
Au Liban, Naïm Kassem, leader du Hezbollah pro-Téhéran, a qualifié cet accord de "grande victoire" pour l'Iran, remerciant ses dirigeants d'avoir veillé à ce que le front libanais soit inclus dans le protocole. Il a encouragé Beyrouth à mettre un terme aux négociations avec Israël, qu'il considère comme indépendantes de l'accord américano-iranien.
Les hostilités continuent malgré l'apaisement relatif des combats. Récemment, un soldat israélien a été tué dans le sud du Liban, selon l'armée, et un civil a été abattu par une frappe israélienne.
- Deux mois pour négocier -
Désormais, la partie la plus délicate des négociations demeure : le programme nucléaire iranien, sur lequel les deux pays ont des désaccords de longue date. Le protocole mentionne un mécanisme de traitement des stocks d'uranium hautement enrichi, suggérant une méthode de dilution sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), une avancée signalée par Washington comme une "victoire majeure".
L'AIEA est prête à établir des "mesures concrètes" pour avancer dans ce processus. Les États-Unis envisagent également, en cas d'accord final, de faciliter le déblocage de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'économie iranienne, tout en précisant qu'aucune aide financière américaine ne sera impliquée.
Les pays du G7, réunis lors d'un sommet en France, ont salué cette opportunité historique pour empêcher l'Iran d'acquérir la capacité nucléaire et d'atténuer les menaces posées par ses activités balistiques, bien que Téhéran ait précisé que la question des missiles n'est pas à l'ordre du jour des pourparlers.







