La canicule commence à refluer ce week-end en France, marquant l’approche d’une fin de vigilance rouge prévue pour dimanche soir. Cependant, ses effets dévastateurs pèsent lourd sur le système de santé, déjà éprouvé, tout en laissant entrevoir des signes inquiétants de surmortalité.
Pour l’instant, 37 départements du quart nord-est restent sous vigilance rouge samedi, mais ce nombre devrait passer à 24 dès dimanche matin. À partir de 06H00 dimanche, 22 départements, y compris ceux d'Ile-de-France, passeront en vigilance orange, et l’alerte maximale sera levée pour les deux derniers départements d'Alsace à 22H00.
Les températures extrêmes continuent de frapper, avec plus de 40°C enregistrés dans plusieurs villes du nord-est du pays, atteignant des sommets historiques à Colmar (Haut-Rhin) avec 41°C et à Vichy (Allier) avec 41,7°C.
Météo-France anticipe également des orages très violents, accompagnés de grêle et de vents forts, touchant de nombreuses régions entre le nord et le sud-ouest de la France ce week-end. Cela met une pression supplémentaire sur les services d'urgence déjà saturés, avec 35 départements placés sous vigilance orange orages, y compris la capitale. Paris a même fermé ses parcs et jardins, de même que le site de baignade du canal Saint-Martin.
Face à la menace d’orages, les concerts du festival Garorock dans le Lot-et-Garonne ont été annulés, et les autorités ont été contraintes d’évacuer les 20 000 festivaliers présents.
À Paris, l’AP-HP (assistance publique-hôpitaux de Paris) a déclaré que l’activité dans ses services d'urgence est « exceptionnellement élevée », avec une augmentation de 80% des appels au Samu cette semaine. Le plan blanc d'urgence a également été activé dans plusieurs établissements de santé, notamment en Moselle.
« Même si la canicule se retire, les effets sur le système de santé restent à venir » a prévenu Matignon, soulignant que l'on pourrait voir dans les jours prochains des conséquences telles que la déshydratation et des hospitalisations retardées.
Le changement climatique, fortement lié à l’utilisation des énergies fossiles, exacerbe ces événements de chaleur intense, affectant plus de 193 millions de personnes à travers l’Europe, selon un rapport de l’AFP. Ces vagues de chaleur engendrent des conséquences économiques et sanitaires considérables.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré à Le Parisien qu’il y a « une surmortalité à Paris et dans l’agglomération », tandis que l’agence Santé publique France mentionne qu'environ 5 700 décès en 2025 seraient directement liés à la chaleur. Il a également été rapporté 74 décès par noyade en France depuis le 18 juin, principalement sur des plans d'eau non surveillés.
Antoine Alibert, adjoint au maire de Paris chargé de la santé, souligne que « cet épisode dépasse l’intensité de celui d’août 2003 », constatant ainsi l’isolement de personnes vulnérables qui souffrent en silence chez elles.
Dans les établissements de santé, des conditions de travail extrêmement difficiles sont rapportées, comme au CHU de Toulouse où les températures atteignent 33°C, plaçant le personnel dans une situation délicate.
Gautier Caton, porte-parole de la Fédération nationale du funéraire, note une « saturation des chambres funéraires », avec des demandes en forte augmentation, surtout à Paris où deux funérariums sont insuffisants.
Laurent Nuñez a aussi indiqué que plus de 336 mesures ont été mises en place par les préfets en France, dont 64 arrêtés d’interdiction d’événements sportifs et 14 pour des événements culturels, témoignant d’un contexte extrême dans tout le pays.

Enfin, malgré la régression de la canicule, la France se prépare à faire face à des jours difficiles où les conséquences de cette vague de chaleur se feront encore fortement ressentir.







