Face à des prix de l'or en hausse, la Nouvelle-Zélande intensifie ses efforts pour attirer des investisseurs dans le secteur minier, selon Reuters. La production d'or est prévue pour doubler d'ici 2035, atteignant des niveaux jamais vus depuis trois décennies grâce à plusieurs projets récents. Cette initiative pourrait permettre au pays de dépasser ses objectifs d'exportation annuels de minerais, établis à trois milliards de dollars néo-zélandais (environ 1,5 milliard d'euros).
Les nouvelles données gouvernementales révèlent que 163 permis de prospection, d'exploitation et d'exploration ont été délivrés l'année dernière, ce qui montre un regain d'intérêt des sociétés minières pour ce territoire encore largement inexploré. Le ministre des Ressources, Shane Jones, a clairement affirmé que le gouvernement entend doper l'emploi face à un taux de chômage qui frôle des niveaux préoccupants.
Une impulsion en faveur de l'emploi
Dans un contexte de ralentissement économique annoncé, avec des prévisions de croissance révisées à 2,3% pour l'année prochaine, l'exécutif néo-zélandais cherche à soutenir le secteur minier. La loi récemment adoptée vise à réduire de plusieurs années à quelques mois les délais d'approbation pour les projets d'infrastructure, miniers et énergétiques.
Parmi les projets notables, le projet Snowy River d'Evolution Mining devrait générer 250 postes et 350 millions de dollars néo-zélandais de recettes d'exportation annuelles. De son côté, OceanaGold prévoit un investissement d'un milliard de dollars dans son projet Waihi North, dont la production est attendue d'ici 2032.
Cependant, les experts comme Michael Gordon, économiste senior chez Westpac, mettent en garde : bien que l'exploitation minière puisse être lucrative, une partie significative des bénéfices pourrait ne pas bénéficier à l'économie locale mais rester entre les mains des propriétaires des mines.
Inquiétudes liées au "dévastation et au pillage"
Le débat autour de l'exploitation minière est particulièrement tendu dans la régionalité de Central Otago, où la société d'exploration Santana Minerals attend l'autorisation pour son projet aurifère Bendigo-Ophir. Ce projet, si approuvé, pourrait générer 360 millions de dollars néo-zélandais par an au PIB tout en créant 351 emplois. Toutefois, il fait face à la résistance des viticulteurs et des groupes écologistes qui craignent pour la durabilité de leurs ressources.
Zoe Hawkins, porte-parole de l’association Natural Capital, a fait part des préoccupations des habitants, signalant un temps de réponse limité pour les consultations autour de ce projet. Les craintes portent sur des impacts environnementaux significatifs, notamment pour l'approvisionnement en eau, essentiel à la viticulture de cette région reconnue.







