Des files d'attente interminables devant les stations-service, un approvisionnement en carburant qui devient un véritable défi : c'est la réalité actuelle en Russie, paradoxalement l'un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole et de carburant. En effet, avant l'invasion de l'Ukraine, la Russie se positionnait comme le premier exportateur mondial de diesel.
Les récentes attaques ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières commencent à se faire cruellement sentir sur le marché local. Lors d'un entretien télévisé, le président russe Vladimir Poutine n'a pas pu ignorer cette situation alarmante et a déclaré que des mesures étaient mises en place pour faire face à ces pénuries.
L'impact des frappes ukrainiennes sur le marché intérieur
Pour la première fois, Poutine a clairement exposé l'impact des frappes ukrainiennes sur l'approvisionnement en carburant. Selon ses propos, le pays prévoit une augmentation des importations de carburant et une accélération de la réparation des infrastructures touchées, qualifiant cette situation de "déficit temporaire" (source : AP).
"Les installations endommagées sont rapidement remises en état. Les problèmes ne sont pas critiques", a affirmé Poutine.
Poutine a promis de renforcer les systèmes de défense pour protéger les infrastructures stratégiques des drones ukrainiens. Ces frappes visent à réduire les revenus énergétiques de Moscou, compliquant ainsi l'effort de guerre du Kremlin. La presse a reporté une explosion notable à une raffinerie de Gazprom près de Moscou, un signe inquiétant des conséquences croissantes de cette campagne.
Sur le terrain, les effets commencent à se matérialiser. Les automobilistes à Moscou expriment leur frustration face aux longues attentes, certains attendant jusqu'à une heure et demie pour obtenir du carburant. **"On fait 200 km et on ne vous donne pas plus de 10 litres",** déplore un conducteur. D'autres rapportent des stations totalement à court de carburant, situation qui s'aggrave semaine après semaine.
La réponse du gouvernement russe
"Nous sommes conscients des problèmes et nous agissons", a affirmé Poutine lors d'une réunion gouvernementale.
En outre, Poutine a mentionné qu'une interdiction totale des exportations de diesel était envisagée pour prioriser l'approvisionnement intérieur. En écho aux déclarations de Poutine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé que l'Ukraine avait récemment frappé deux raffineries russes, accentuant ainsi la pression sur les réserves de carburant de Moscou.
"Nos sanctions visent à réduire les ressources de la machine de guerre russe, un pas de plus vers la paix", a déclaré Zelensky sur Telegram.







