Tensions apaisées : Iran et Oman unissent leurs forces sur Ormuz

Un rapprochement inattendu dans des eaux troubles pour la sécurité maritime.
Tensions apaisées : Iran et Oman unissent leurs forces sur Ormuz
©-, AFP - Des bateaux ancrés au large de la péninsule de Musandam, au nord d'Oman, près du détroit d'Ormuz, le 27 juin 2026

La dynamique entre Téhéran et Washington semble temporairement ralentie, selon des déclarations récentes d'un responsable américain. Pendant ce temps, l'Iran et Oman ont amorcé des discussions cruciales concernant la gestion du détroit d'Ormuz, point névralgique au cœur de plusieurs tensions géopolitiques.

La semaine dernière, les deux nations avaient convenu d'établir un comité conjoint pour explorer des solutions viables sur les modalités de transit à travers cette voie maritime stratégique, avec un accent particulier sur la question des éventuels frais de passage. La première réunion a été annoncée par la diplomatie iranienne, sans qu'aucune date précise ne soit divulguée.

L'Iran, en dépit des réticences américaines, persiste à affirmer qu'un retour à la libre circulation d'avant-guerre est inenvisageable. Le pays a, par ailleurs, averti les navires s'écartant de l'itinéraire autorisé, le long de ses côtes, des conséquences possibles. Une récente escalade de tension a vu les États-Unis répondre aux attaques iraniennes sur deux navires en ciblant à son tour le pays, tandis que l'Iran ripostait contre certains de ses voisins du Golfe, comme le Koweït et Bahreïn.

Cette situation met à mal le protocole signé le 17 juin, qui visait à instaurer une paix durable au Moyen-Orient. Cependant, un responsable américain a été clair : "Les discussions techniques se poursuivront sur l'ensemble des points du protocole. Pour l'instant, les deux parties s'accordent à geler leurs hostilités, permettant aux navires de circuler librement dans le détroit d'Ormuz," a-t-il affirmé à l'AFP.

Néanmoins, ces annonces n'ont pas été sans controverses. Certaines sources médiatiques ont évoqué une possible rencontre entre représentants iraniens et américains prévue mardi au Qatar, axée sur la gestion d'Ormuz, par où passent près de 20% des hydrocarbures mondiaux. Cependant, la diplomatie iranienne a catégoriquement nié l'existence d'une telle réunion imminente.

L'Iran et Oman revendiquent leur autorité sur le détroit d'Ormuz et envisagent de mettre en place des frais, ce qui est en opposition avec la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, que Téhéran n'a pas ratifiée. Cette situation a déjà eu des répercussions sur le commerce mondial : pendant la guerre débutée par Israël et les États-Unis le 28 février, l'accès au détroit a été restreint, perturbant l'approvisionnement en hydrocarbures et faisant grimper les prix du pétrole. Le détroit a rouvert peu de temps après la signature du protocole.

Téhéran ne permet toutefois qu'un seul itinéraire de passage, long de ses côtes, menaçant d'agir contre les contrevenants aux règles. "L'Iran est le seul à être responsable de la gestion de ce détroit," a insisté le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Du côté d'Oman, des initatives floues sont mises en place avec l'annonce d'une voie de navigation alternative temporaire, soutenue par l'ONU pour secourir des navires et marins piégés. Ce chemin a déjà été emprunté par plusieurs dizaines de bateaux au cours de la semaine dernière.

Pendant ce temps, au Liban, la situation demeure tendue. Israël a intensifié ses frappes, entraînant des pertes humaines, même après la signature d'un accord-cadre à Washington pour une "paix durable". Cet accord prévoit notamment le maintien de l'occupation du sud libanais par Israël, jusqu'à ce que le Hezbollah, soutenu par l'Iran, capitule. Le conflit, exacerbé depuis l'implication du Hezbollah, a déjà causé plus de 4 200 décès selon des sources à Beyrouth.

La complexité des négociations se heurte également aux revendications du Hezbollah, qui a fermement rejeté l'accord et prévoit de défendre son territoire face aux attaques israéliennes. Nabih Berri, leader du parlement libanais, a affirmé que l'accord proposé avec Israël ne serait pas accepté tel quel.

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