Les ambitions grandioses du prince héritier, Mohammed ben Salmane, subissent une nouvelle contrariété, alors que le projet Trojena, destiné à accueillir des pistes de ski et des patinoires, ne sera pas achevé à temps pour les Jeux asiatiques d'hiver de 2029. Ce retard retentissant envoie un signal inquiétant à l'approche d'autres événements majeurs dans le royaume, comme l'Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de football de 2034.
Le Comité olympique saoudien et le Comité olympique asiatique (OCA) ont récemment annoncé, via un communiqué publié le 24 janvier, un "report" de cette édition des jeux à une date qui sera précisée ultérieurement. Cette annonce oppose des attentes élevées à une réalité difficile, replaçant dans l'ombre les ambitions initiales de l'Arabie saoudite qui célébrera l'attribution de ces jeux d'hiver en 2022.
Trouver un lieu adéquat pour ces Jeux, conçu dans le cadre du mégaprojet Neom, présentait déjà des défis considérables. Comme l'a rapporté Bloomberg, le chantier, qui devait voir le jour à Trojena, avait été évalué à près de 19 milliards de dollars. Cependant, la nature même du site, qui reçoit peu de neige naturelle, pose des questions sur la viabilité de la compétition.
Un test pour l'Arabie saoudite à tenir les délais
Les difficultés rencontrées dans la mise en place d'infrastructures essentielles, notamment des systèmes de dessalement pour approvisionner les canons à neige, soulignent les enjeux liés à la capacité du royaume à organiser des événements d'envergure. Bloomberg affirme que ce projet était perçu comme un test essentiel de l'engagement de l'Arabie saoudite envers les événements sportifs mondiaux.
Si l'attribution des Jeux d'hiver avait été perçue comme une avancée majeure, le Financial Times indique que les retards et les dépassements de coûts ont entraîné un redimensionnement significatif de plusieurs mégaprojets de Neom, la pièce maîtresse de la Vision 2030 du pays. Ce tournant intervient dans un contexte de nécessité de gestion budgétaire face à une baisse des prix du pétrole et des années de dépenses extravagantes.
Ainsi, le projet ambitieux de la ville futuriste The Line, qui devait s'étendre sur 170 kilomètres, a été réduit à seulement 2,4 kilomètres, soulignant les défis colossaux auxquels fait face le royaume. Face à cela, les autorités envisagent désormais de réorienter leurs efforts vers l'établissement de secteurs industriels, avec l'ambition de positionner le pays comme un acteur incontournable dans le domaine de l'intelligence artificielle.







