La préfecture des Landes a annoncé, lundi, le retrait de ses fonctions à la directrice départementale de la police nationale en raison de « manquements répétés ». Cette décision est vivement critiquée par le principal syndicat de commissaires, qui la considère comme « arbitraire » et interpellera le ministère de l'Intérieur.
Le préfet des Landes, Gilles Clavreul, a évoqué des « problèmes persistants depuis le début des manifestations agricoles en décembre », qui ont conduit à sa décision. Le communiqué précise que des « rappels à l'ordre ont été adressés » au cours de l'été 2025 à la commissaire Agnès Mazin-Bottier.
Les tensions ont culminé lors d'une manifestation agricole « non déclarée » le 11 janvier, où des individus ont accroché des chaînes sur les grilles de la préfecture. Le préfet aurait donné des instructions pour disperser ces manifestants, lesquelles n’ont pas été suivies, entraînant l’insatisfaction des autorités.
« La commissaire aurait dû agir, mais aucune impossibilité d’intervenir n’a été signalée », selon le communiqué officiel.
Agnès Mazin-Bottier, qui avait prévu de partir à la retraite en 2026, a finalement annoncé son départ un peu plus tôt. Ce mouvement s’ajoute à un climat déjà tendu entre police et agriculteurs, avec des incidents similaires, notamment des blocages sur les routes.
La réaction du syndicat des commissaires
Le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN) a qualifié la décision du préfet de « illégale » et « arbitraire », soulignant que cette communication l'aurait été par SMS. Le syndicat souligne que grâce à un dialogue constructif, ces manifestations se sont déroulées sans violence ni dégradation.
« Les agriculteurs sont des acteurs respectables, souvent en relation avec la police. Nous privilégions toujours le dialogue », a déclaré Frédéric Lauze, secrétaire général du SCPN, faisant référence au manque d’effectifs dans la direction départementale.
Une réunion attendue
Le syndicat a prévu une réunion avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, au début de février, pour discuter de la pression croissante que subissent les forces de police et de l’influence de certains préfets sur la gestion des manifestations. Cette rencontre sera l’occasion de réitérer leurs préoccupations concernant les pratiques actuelles.
Alors que le débat s'intensifie sur la gestion des conflits agricoles, cette décision remet en question la relation entre les forces de l'ordre et les acteurs agricoles, un aspect crucial de la vie locale en France.







