Dans une intervention remarquée sur Franceinfo, Dominique Schelcher, le PDG de la Coopérative U, a déclaré que l'État est "le grand gagnant" de la récente flambée des prix des carburants, induite en grande partie par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Il observe que la fréquentation de ses stations-service a doublé chaque jour depuis le début du conflit.
En effet, Schelcher précise que plus de 51 % du coût des carburants à la pompe est directement prélevé sous forme de taxes par l'État. Il explique que la structure du prix d'un litre de carburant se répartit ainsi : 40 % pour le coût de la matière première, 10 % pour la logistique et plus de 50 % pour les taxes, ce qui soulève des questions sur la fiscalité du secteur.
Suite aux déclarations de Roland Lescure, ministre de l'Économie, qui a rappelé que les distributeurs devront justifier toute hausse injustifiée des prix, Schelcher souligne que "l'essentiel du prix du carburant ne provient pas des marges des distributeurs, mais de la fiscalité". Cette perception fait écho à une inquiétude croissante au sein de la population face à l'augmentation des prix à la pompe.
Des efforts pour maintenir des prix compétitifs
Le patron des enseignes Hyper U et Super U insiste sur le fait que le carburant est principalement un "produit d’appel". En dépit de la nécessité de couvrir leurs charges, il se déclare déterminé à rester en dessous du seuil symbolique de 2 euros le litre. "Nous faisons tout pour maintenir nos prix en deçà, mais la réalité économique nous impose des contraintes, déclare-t-il. Nous sommes prêts à envisager des opérations tarifaires avantageuses dans les jours à venir pour soutenir nos clients dans ce contexte difficile. Nous suivrons les marchés de près pour garantir des prix compétitifs chaque jour."
Réunion avec les principaux distributeurs
En parallèle, le ministre de l'Économie Roland Lescure tient une réunion ce matin avec les principaux distributeurs de carburant à Bercy. Cette rencontre fait suite aux observations d'une légère hausse des prix à la pompe, justifiée par les répercussions des conflits internationaux sur les marchés d'énergie.
Cette situation complexe relève des enjeux économiques et sociaux cruciaux, et nécessite que l'État trouve un équilibre entre sa fiscalité et le bien-être des consommateurs.







