La détente des prix du pétrole et des obligations se fait ressentir sur les marchés ce lundi, offrant un répit modeste face aux incertitudes qui planent encore sur le conflit au Moyen-Orient. Les analystes s'interrogent sur les conséquences économiques à long terme.
La chute des prix du pétrole a stimulé un rebond timide des Bourses, alors que les investisseurs se préparent à des réunions majeures de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a enregistré une chute de 5,28 % pour atteindre 93,50 dollars, tandis que le Brent, référence européenne, a perdu 2,84 % à 100,21 dollars. Cette baisse a suscité un regain d'optimisme, notamment grâce à la perspective d'un déblocage plus rapide que prévu des stocks stratégiques de pétrolier.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est déclarée prête à augmenter ses réserves stratégiques si nécessaire, après une annonce de libération de 400 millions de barils mercredi dernier. En outre, le passage d'un pétrolier pakistanais par le détroit d'Ormuz, sans lien avec l'Iran, laisse penser à un potentiel accord de transit avec ce dernier, comme l'indique MarineTraffic.
Cette évolution pourrait faciliter l'exportation de barils bloqués dans le Golfe, augmentant ainsi le flux dans les marchés. Selon Patrick O'Hare de Briefing.com, cette diminution des coûts pétroliers a été un facteur central dans la hausse des Bourses, avec le Dow Jones grimpant de 0,83 %, le Nasdaq de 1,22 %, et le S&P 500 de 1,01 %.
Les marchés européens n'ont pas été en reste, avec Londres et Francfort enregistrant chacun une hausse de 0,55 %, à l'instar de Paris. Milan est restée pratiquement stable avec une légère hausse de 0,07 %.
Au fil des semaines de conflit, les investisseurs semblent passer à une analyse plus rationnelle des faits, délaissant les spéculations. Andreas Lipkow, de CMC Markets, note qu’"à la troisième semaine de guerre, les investisseurs se concentrent davantage sur des éléments tangibles".
Cependant, l'incertitude sur l'impact macroéconomique du conflit perdure. Hyun Song Shin, chef économiste de la Banque des règlements internationaux (BRI), prévient que les risques d'inflation et de taux d'intérêt pourraient augmenter si le conflit s'étire.
Parallèlement, la baisse des prix du pétrole tempère l'augmentation des coûts d'emprunt des États, à quelques jours des décisions des banques centrales. Vers 20H50 GMT, le rendement à 10 ans des bons du Trésor américain se situait à 4,22 % contre 4,28 % à la fermeture vendredi dernier. Le Bund allemand a également suivi cette tendance, à 2,93 % contre 2,98 % la veille.
Les experts prévoient que les banques centrales adopteront une approche prudente dans les jours à venir, évitant toute décision hâtive concernant une baisse des taux. Patrick O'Hare souligne que "les marchés vont en apprendre beaucoup sur la perception actuelle de ces décideurs" et leur écoute face à la situation, tout en restant attentifs à l'inflation.







