Un magistrat fédéral a imposé, le 16 mars, une suspension à la refonte controversée des politiques vaccinales américaines orchestrée par le secrétaire à la santé de Donald Trump, Robert Kennedy Jr. Cette décision, rapportée par l'Agence France-Presse, soulève des interrogations sur les méthodes ayant conduit à ces changements.
Le juge, basé dans le Massachusetts, a estimé que le gouvernement américain avait « fait fi » des approches scientifiques habituelles nécessaires pour justifier des modifications de cette ampleur. Cette suspension constitue un revers pour les politiques de santé de l'administration Trump, qui ont été critiquées par une partie importante de la communauté médicale.
En juillet 2025, une action en justice a été introduite par plusieurs organisations médicales, y compris l'Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) et la Société Américaine d'Infectiologie (IDSA). Ces organismes accusaient Kennedy Jr d'avoir violé la loi en modifiant les recommandations sur la vaccination contre le Covid-19, annonçant notamment que les vaccins ne seraient plus recommandés pour les enfants et les femmes enceintes.
La décision du juge annule non seulement plusieurs changements instaurés par le Comité Consultatif sur les Pratiques de Vaccination (ACIP), mais suspend également ses activités, y compris une réunion planifiée prochainement. Le comité, remanié par Kennedy, a été critiqué pour inclure des experts jugés incompétents ou ayant promu des théories antivaccinales, et avait supprimé d'importants vaccins, comme celui contre l'hépatite B pour les nouveau-nés.
Décision « historique et bienvenue »
Un porte-parole du ministère de la santé a réagi, affirmant attendre « avec impatience que la décision de ce juge soit annulée ». De son côté, le président de l'AAP, Andrew Racine, a qualifié la décision de « historique et bienvenue », fustigeant les modifications précédentes jugées « non fondées et non scientifiques ».
Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions controversées sur les vaccins, avait amorcé un réexamen des vaccinations, ce qui a conduit à des critiques acerbes de la part des professionnels de santé et des chercheurs. Les choix politiques de son administration font peser un doute sur l’avenir des politiques de vaccination aux États-Unis, ouvrant ainsi la porte à de possibles batailles judiciaires dans les mois à venir.







