La compagnie aérienne Air Calédonie, essentielle à la connectivité des îles, traverse des temps difficiles. Le 27 mars, la direction a annoncé son intention d'entamer une procédure collective, une décision prise à l'unanimité par le conseil d'administration. « La situation financière de la compagnie n'est plus tenable », a déclaré un représentant, soulignant l'urgence de la situation.
Ce placement en procédure de sauvegarde permettra à Air Calédonie de geler ses dettes tout en élaborant un plan de redressement. La continuité des opérations dépendra néanmoins de la réouverture des aérodromes, actuellement bloqués par des collectifs d’usagers depuis le 2 mars. Ces derniers s’opposent au transfert des activités vers l’aéroport international de La Tontouta, situé à une quarantaine de kilomètres de Nouméa, un déménagement perçu comme néfaste par de nombreux habitants.
La compagnie, qui emploie 220 salariés, se retrouve dans une situation précaire ; près de la moitié de ses employés étaient en chômage partiel à mi-mars. Ses efforts pour se maintenir à flot n'ont pas suffi, malgré la suppression de 38 % de ses effectifs et la vente d'un aéronef. Selon des sources locales, Air Calédonie doit transporter environ 300 000 passagers par an pour équilibrer ses comptes, mais n’a réussi qu’à convoyer 180 000 passagers en 2025.
Une continuité menacée
Le transfert vers La Tontouta, visant à générer des économies et attirer une clientèle internationale élargie, a provoqué des murmures de mécontentement. Les usagers dénoncent une augmentation des coûts et un allongement du temps de trajet. Un collectif issu de l’île des Pins a récemment levé le blocage, mais des tensions persistent.
Des experts estiment que sans soutien financier de l'État et le retour à une situation normale aux aérodromes, l'avenir de la compagnie est incertain. « La situation est complexe et nécessite une action rapide », a souligné un analyste du secteur. Les répercussions de la crise sanitaire et des violences survenues en 2024 continuent de peser lourdement sur l'économie locale, rendant encore plus difficile le redressement d’Air Calédonie.







