Le féminicide d'Inès Mecellem, survenu à Poitiers, met en lumière des failles alarmantes au sein des forces de l'ordre. Un rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), diffusé par France Inter, confirme que des informations essentielles n'étaient pas accessibles aux policiers le jour tragique. Bien que l'IGPN admette des erreurs, elle écarte la possibilité d'une mise en danger volontaire.
Près de cinq mois après cette affaire tragique, ce rapport fournit des éclairages préoccupants sur la gestion du cas par la police. Des intervenants ayant examiné la situation jugent que ces dysfonctionnements, bien qu'inacceptables, ne relèvent pas du pénal. La famille d'Inès, quant à elle, déplore un manque de responsabilité.
Une interpellation non suivie
Le 8 septembre dernier, quelques heures avant le meurtre, l'ex-partenaire d'Inès a été arrêté. Bien que le brigadier de permanence ait été conscient du niveau de risque lié à la victime, il n'avait pas accès à la totalité des informations pertinentes, ce qui l'a conduit à libérer celui-ci sans le placer en garde à vue ou avertir le procureur. Ce manquement est particulièrement préoccupant, selon des experts en sécurité comme le criminologue Philippe Pottier, qui souligne l'importance d'une communication efficiente entre les différentes branches de la police.
Des fautes à la limite de la négligence
Le rapport de l'IGPN mentionne que ces erreurs d'évaluation et d'information relèvent davantage de fautes disciplinaires que de responsabilités pénales. Selon leurs conclusions, une garde à vue de quelques heures n'aurait probablement pas suffi à empêcher l'ex-partenaire de passer à l'acte, suggérant ainsi une évaluation erronée du risque auquel faisait face Inès.
Malgré cela, la famille d'Inès Mecellem, représentée par leur avocate Pauline Rongier, conteste cette lecture. Selon elle, ces manquements ne sont pas liés simplement à des questions de ressources ou de personnel, mais soulèvent des interrogations sur la responsabilité individuelle des agents impliqués. Elle affirme que des mesures doivent être prises pour clarifier cette situation.
Vers une décision judiciaire
Les deux rapports administratifs, ceux de l'IGPN et de l'Inspection générale de la Justice, sont en cours de transmission à la procureure de Poitiers. Si aucune action judiciaire n'est entreprise, il sera possible pour la famille d’Inès de se constituer partie civile, ce qui déclencherait automatiquement une enquête judiciaire. Cela pourrait ouvrir la voie à des poursuites potentiellement critiques pour responsabiliser les agents impliqués dans le cas d’un féminicide qui aurait pu être évité.







