Depuis le 26 janvier, douze hommes et une femme se retrouvent au tribunal correctionnel de Fort-de-France pour répondre d’une accusation d’association de malfaiteurs, à l’origine des violences qui ont secoué la Guadeloupe entre novembre 2021 et janvier 2022. Au cœur des débats : la question de l'existence des "gangs", un sujet qui divise les prévenus eux-mêmes, certains qualifiant cette notion de purement fantasmée.
Lors d'une séance marquante mercredi 28 janvier, un homme de 42 ans, identifié comme un médiateur de la communauté et membre d’un groupe musical, s'est décrit comme "un pacificateur". Cependant, pour les enquêteurs, son groupe, Sektion Kriminel, est synonyme d’une réalité criminelle bien ancrée.
La justice met en lumière des faits survenus dans un contexte de crise sociale liée à l'obligation vaccinale contre le Covid-19, ce qui a conduit à des manifestations et des violences sans précédent sur l’île. D’après les informations du quotidien Ouest France, ce procès est exceptionnellement déplacé en Martinique en raison de la nature sensible de l'affaire.
Les débats reflètent des réalités divergentes sur le terrain. Pour certains experts, comme le sociologue Michel Sutherland, la notion de "gang" sert souvent d’échappatoire pour expliquer des dynamiques sociales complexes. En revanche, d’autres, notamment des agents de la force publique, maintiennent que ce type d’organisation criminelle est bien présent, soulignant ainsi un besoin urgent de réponse judiciaire.
Le procès se poursuivra jusqu'au 10 février, et les observations recueillies détermineront si l'Etat doit adopter de nouvelles mesures pour contrer la montée de la violence.







