Les émissions nettes de gaz à effet de serre du Japon ont franchi un seuil symbolique, avec seulement 994 millions de tonnes libérées lors de l'exercice clôturé fin mars, marquant une baisse de 1,9 % par rapport à l'année précédente. Ce bilan, historique, s’explique principalement par une redynamisation pragmatique du secteur nucléaire qui contribue à réduire l’utilisation de gaz et de charbon, couplée à une augmentation des énergies renouvelables.
Cependant, la méthode et les motivations derrière cette diminution font débat. Le ministère de l’Environnement japonais admet lui-même que ce recul résulte, en partie, d'un ralentissement de la production industrielle, ce qui laisse à penser que ce changement est plus le fruit d'une nécessité économique que d'une initiative volontaire.
Bien que le gouvernement se félicite d'une tendance à la baisse impliquant un chemin vers la neutralité carbone d’ici 2050, la réalité est plus complexe. Environ 67 % de l’électricité du Japon dépend toujours des combustibles fossiles. Les experts, dont Mie Asaoka, présidente de l’ONG Kiko Network, s'inquiètent du manque de progrès soutenu, insistant sur la nécessité d’intensifier les investissements dans les énergies renouvelables. "Cela démontre l'urgence d'une politique énergétique renouvelable renforcée," déclare-t-elle, critiquant la lenteur avec laquelle le Japon répond aux engagements climatiques internationaux.
En parallèle, la dépendance persistante au charbon est préoccupante, surtout avec la récente décision de lever temporairement certaines restrictions sur les centrales à charbon face à la crise énergétique exacerbée par les conflits au Moyen-Orient. Cela a soulevé des alertes quant à la cohérence des actions du Japon avec l’Accord de Paris.
La question demeure de savoir si le Japon peut réellement transformer son futur énergétique sans abandonner sa dépendance aux énergies polluantes. Mie Asaoka résume la situation simplement : "Le Japon doit faire davantage pour répondre à ces défis. Les chiffres réels montrant un déclin des émissions restent trop faibles, et la transition vers les renouvelables stagne. Une action significative est impérative pour ne pas compromettre l’avenir climatique du pays."
Les émissions nettes de gaz à effet de serre sont calculées en soustrayant les émissions totales de la quantité absorbée par les forêts et autres puits de carbone.







