Le 15 avril, un adolescent de 14 ans a déclenché l'horreur dans une école de Kahramanmaras, dans le sud de la Turquie, tuant huit élèves et un enseignant, et blessant treize autres, dont six sont actuellement en soins intensifs. « Nous pleurons neuf vies perdues … et treize blessés. Six d’entre eux sont dans un état critique », a rapporté Mustafa Çiftçi, ministre de l'Intérieur, à la presse.
Plus tôt dans la journée, le gouverneur, Mükerrem Ünlüer, avait annoncé un bilan provisoire de quatre morts et vingt blessés. « Un élève a pénétré dans l’établissement avec des armes, manifestement celles de son père, dans son sac à dos et a ouvert le feu dans deux salles de classe », a-t-il précisé, ce drame survenant juste après une autre attaque dans un lycée situé à 200 km à l'est, ayant fait seize blessés.
Les deux classes touchées accueillent des élèves âgés d'une dizaine d'années. Une vidéo authentifiée par l'AFP montre des enfants sautant par les fenêtres pour échapper à ce cauchemar, alors que des cris et des détonations résonnent dans l'air. La situation tragique a fini par coûter la vie au tireur qui, selon les premiers éléments, se serait donné la mort dans la confusion. « On ne sait pas encore s’il s’agit d’un suicide ou d’un incident lié au chaos ambiant », a ajouté Ünlüer. Le père, ancien policier, et sa mère ont été interpellés par les autorités locales.
Des images partagées par l’agence de presse DHA illustrent l’affliction des proches des victimes, avec des parents en larmes cherchant leurs enfants au milieu des ambulances. « Je n’ai pas d’informations … simplement des enfants ont été visés », a déclaré une mère à l’agence IHA, bouleversée par les événements.
Pour faire face à ce drame, toutes les écoles de Kahramanmaras seront fermées les jours suivants. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a exprimé sur X sa tristesse face à « cette attaque tragique », promettant que la lumière serait faite sur les circonstances de cet événement, tout en insistant sur l'importance d'une enquête approfondie. Le Haut conseil de l'audiovisuel turc a quant à lui interdit la diffusion d'images de cet incident par les chaînes de télévision.
« Notre cœur saigne. Nos condoléances à la nation », a déclaré Numan Kurtulmus, président du parlement turc, alors que les ministres concernés se rendaient sur les lieux pour assurer le soutien aux blessés. Mardi, une autre fusillade dans un lycée à Sanliurfa avait déjà blessé seize personnes, soulignant un inquiétant phénomène de violence armée à l'école.
Bien que ce type d'incidents reste rare en Turquie, la circulation d'armes à feu y est alarmante, avec des millions en circulation, souvent illégalement, selon diverses organisations locales. Cette situation soulève des interrogations sérieuses sur la sécurité dans les établissements scolaires et sur les politiques de contrôle des armes dans le pays.







