Dimanche, l'armée israélienne a annoncé avoir pris le contrôle de la forteresse médiévale de Beaufort, un site emblématique désormais marqué par le drapeau israélien, comme le montrent des images diffusées par l'AFP. Cette avancée s'inscrit dans le cadre d'une offensive terrestre visant à « écraser » le Hezbollah pro-iranien, selon des déclarations officielles.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé la tactique israélienne, qualifiée de « politique de la terre brûlée ». De plus, Israël a ordonné l'évacuation d'une large zone au sud du Liban, s'étendant de sa frontière jusqu'au fleuve Zahrani, à environ 40 km au nord.
Depuis le début de ce conflit, le 2 mars, les pertes humaines sont lourdes : plus de 3 371 morts et un million de déplacés, selon les autorités libanaises. En revanche, l'état-major israélien a rapporté la mort d'un de ses soldats, portant à 25 le nombre de soldats israéliens décédés au Liban.
Cette escalade se produit alors que les États-Unis tentent de négocier un cessez-le-feu avec l'Iran, qui conditionne tout accord à la cessation des hostilités au Liban. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a révélé des images montrant la prise de Beaufort, ouvrant ainsi la voie vers la région de Nabatiyé.
Le ministre a commémoré « quarante-quatre ans après la bataille héroïque de Beaufort », en affirmant que les soldats israéliens ont une fois de plus hissé le drapeau sur le site. Des clichés diffusés par l'AFP montrent le drapeau israélien flottant au-dessus de la citadelle, entourée par des fumées d'artillerie.
Ce site stratégique, qui surplombe le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, revêt également une importance symbolique, servant de base aux forces israéliennes durant leurs deux décennies d'occupation du Liban, qui ont pris fin en 2000. Ce patrimoine avait même été classé par l'Unesco en 2024, suscitant des inquiétudes de la part du ministre de la Culture libanais, Ghassan Salamé, sur les risques que court ce trésor historique face à l'offensive israélienne.
Avec cette avancée, l'armée israélienne a annoncé avoir franchi le fleuve Litani, à 30 km au nord de la frontière, et intensifie ses opérations contre des cibles du Hezbollah. Katz a déclaré : « Nous sommes déterminés à démanteler le pouvoir du Hezbollah et à garantir la sécurité des habitants du nord d'Israël ».
De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes vers le nord d'Israël, insistant sur sa volonté d'empêcher l'avancée israélienne, notamment dans la région de Nabatiyé. Le Premier ministre libanais a dénoncé « une politique de punition collective » de la part d'Israël, affirmant qu'elle ne conduira ni à la sécurité ni à la stabilité.
Malgré ces tensions, Salam a plaidé pour la poursuite des pourparlers directs avec Israël, considérés comme la « voie la moins coûteuse » pour le Liban. Une nouvelle session de négociations est prévue à Washington les 2 et 3 juin, après une réunion militaire au Pentagone qui n'a pas permis d'obtenir un cessez-le-feu effectif.







