Les difficultés s'accumulent autour de Vladimir Poutine. Récemment, des drones ukrainiens ont intensifié leurs frappes, ciblant des infrastructures clés en Russie, y compris des usines essentielles et des raffineries à Moscou et Saint-Pétersbourg. Ces attaques ne sont pas seulement des frappes symboliques, elles révèlent l'enlisement prolongé de la guerre, devenue stagnante depuis son déclenchement en février 2022.
En effet, en mai, Kiev a récupéré environ 300 kilomètres carrés de territoire, un signe selon Ulrich Bounat, expert en géopolitique, d'un "épuisement militaire" de Moscou. Il ajoute : "La Russie a du mal à maintenir une pression constante sur l'ensemble de la ligne de front".
Bien que les Ukrainiens intensifient leurs offensives, la réponse de Moscou semble de plus en plus inopérante. Stéphane Audrand, consultant en risques, déclare : "On sent que la Russie est vraiment en train de perdre pied". Les conséquences économiques du conflit se font aussi sentir, aggravées par les sanctions occidentales et l'isolement progressif de la Russie sur la scène internationale.
Un Kremlin en mauvaise posture
Est-ce que cela signifie une défaite inéluctable pour la Russie ? Selon Bounat, "stratégiquement, la Russie a perdu d'avance". L'éradication du gouvernement ukrainien est aujourd'hui hors de portée, tandis que l'OTAN s'unit de plus en plus, incorporant la Finlande et la Suède dans ses rangs.
Les récents changements d'attitude des leaders internationaux, comme le président américain Donald Trump, également interprétés comme un signal de malaise, renforcent l'idée que la Russie est en train de perdre des alliés. Moscou, traditionnellement puissant dans son influence, doit maintenant faire face à un G7 beaucoup plus uni.
Une réponse incertaine de Moscou
Les experts demeurent cependant prudents. Ulrich Bounat souligne que bien que les Russes n'aient pas spécifiquement perdu, ils ne peuvent pas revendiquer une victoire non plus. Les pertes humaines sont énormes, avec des rapports estimant jusqu'à 350 000 soldats russes morts, selon un sondage médiatique.
Stéphane Audrand évoque aussi que "le Kremlin pourrait tenter de reconquérir la narrative" par des gestes provocateurs, incluant possiblement des actions militaires plus agressives, comme l'utilisation d'armes chimiques. La décision d'une mobilisation partielle ou totale de la population pourrait également être envisagée.
Une guerre sans gagnant
Il est impératif de noter que les conflits prennent souvent fin quand les situations intérieures deviennent intenables. "Poutine veut avant tout préserver son pouvoir" souligne Audrand, notant les élections législatives à venir en automne, essentielles pour se maintenir à la tête du pays.
Dans une éventuelle issue au conflit, une forme de statu quo pourrait se confirmer, à laquelle le président russe pourrait tenter de donner une teinte de victoire. Cependant, ce serait une victoire inaperçue par la communauté internationale. Ainsi, la Russie comme l'Ukraine pourraient se retrouver face à une réalité économique et sociale complexe.
La paix, si elle advient, est susceptible d'être difficile, comme l'indiquent les avis croisés des experts : "Il existe rarement des gagnants clairs dans de tels conflits". Les souffrances de la société civile risquent de perdurer dans un climat de tensions exacerbées où le retour à la normale pourrait sembler insurmontable.







