Lors d'une récente visite dans un complexe industriel à Pyongyang, Kim Jong-un a exprimé son mécontentement envers son vice-premier ministre, Yang Sung-ho, en le démettant de ses fonctions pour inaptitude. Ce limogeage, qualifié par le leader nord-coréen d'« erreur accidentelle », a été rapporté par l'agence officielle KCNA.
En inaugurant les travaux de modernisation du complexe de Ryongsong, Kim a critiqué les responsables économiques du pays, les qualifiant d'« incompétents » et de « grossiers ». Il a illustré son propos en comparant Yang à une chèvre, soulignant que « ce sont les bœufs qui tirent les chariots, pas les chèvres ».
Ce limogeage survient alors que le numéro un nord-coréen cherche à redynamiser une économie confrontée à de nombreux défis. Les analystes comme Jean-Pierre Cabestan, expert en politique nord-coréenne, soulignent que cette révocation témoigne de l'impatience de Kim à réformer son administration, souvent perçue comme sclérosée par le défaitisme et la passivité.
Vers une modernisation tous azimuts ?
Kim a également promis lors d'une réunion en décembre dernier d'« expurger le mal » du gouvernement, allusion à la corruption rampant au sein de l'appareil d'État. Les médias internationaux rapportent que des cadres sont souvent accusés d'agissements contraires à la discipline, contribuant à l'inefficacité de l’administration.
Alors que la Corée du Nord se prépare pour le premier congrès du Parti des travailleurs en cinq ans, prévus dans les semaines à venir, les attentes autour des nouvelles orientations économiques sont élevées. Historiquement, ce congrès est l’occasion de redéfinir les priorités et de faire le bilan des réussites comme des échecs dans la conduite du pays.
En somme, ce limogeage s'inscrit dans un contexte plus large où Kim Jong-un semble vouloir renforcer son autorité et réformer un système qu'il juge défaillant. Les semaines à venir seront cruciales pour observer l'évolution de la politique économique nord-coréenne.







