Une importante manifestation a eu lieu mardi soir sur la place des Invalides à Paris, non loin du Quai d’Orsay, pour apporter soutien au Rojava, un territoire kurde en danger face aux attaques de l'armée d'Ahmed al Charaa, ancien djihadiste devenu président intérimaire de la Syrie après la chute de la dictature de Bachar al Assad fin 2023.
La mobilisation a suscité une foule compacte, dénonçant non seulement la violence perpétrée par le nouveau régime de Damas, qui intensifie ses offensives autour de Kobane, mais aussi le silence assourdissant des grandes puissances, souvent accusées de complicité, comme l’a relayé L'Humanité.
Les esprits étaient en émoi, et les visages reflétaient à la fois tristesse et solidarité. Un sentiment de profonde injustice régnait, renforcé par des slogans puissants tels que « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, vie, liberté) et « Em yek in » (Nous sommes unis). Les manifestants ont également exprimé leur indignation quant à la libération récente de djihadistes, se ralliant à la mémoire d’Abdullah Öcalan, un symbole fort du mouvement kurde toujours incarcéré en Turquie, malgré des initiatives de paix.
Solidarité kurde face au risque d'abandon du Rojava
Bien que quelques députés de gauche aient fait acte de présence, l'absence de membres du gouvernement et de la droite a été remarquée, une situation mise en lumière par différents orateurs. Polat Sahin, du Conseil démocratique kurde de France, a lancé un appel désespéré : « La situation est critique. Les Kurdes ont été les gardiens des prisonniers de Daech, mais maintenant ceux-ci sont relâchés par les forces d'Al Sharaa. »
Le député Thomas Portes, du mouvement La France Insoumise, a également évoqué les dangers d'une telle situation, posant la question de l'inaction de la France : « À part quelques gestes symboliques, aucun effort substantiel n’a été fait sur la scène internationale pour faire face à cette menace. »
La députée Danielle Simonnet, présente à la manifestation, a rappelé l'importance historique de la victoire du Rojava contre Daech, affirmant qu'il représente un modèle de démocratie et de droits des femmes, engendrant des échos au-delà des frontières syriennes, comme l'a dénoncé L'Humanité.
Dans la nuit sombre qui enveloppait Paris, les chants continuait de s'élever, témoignant d'une détermination collective à poursuivre ces manifestations à travers l'Europe, jusqu'à obtenir une solution juste pour le peuple kurde.







