Des artistes et chercheurs dénoncent les entraves sévères à l'accueil de ressortissants gazaouis en France, en particulier ceux du programme PAUSE, qui vise à protéger et à accueillir des scientifiques et artistes en danger.
Lors d'une conférence de presse tenue le 13 janvier, Marion Slitine, chercheuse au CNRS et fondatrice du collectif Ma’an, a exprimé sa consternation : "Nous avons appris avec stupéfaction que le programme PAUSE doit, en raison de pressions politiques, suspendre le traitement des dossiers des collègues situés à Gaza." Cette situation a été justifiée par les autorités françaises, qui invoquent des restrictions imposées par les gouvernements israélien et jordanien sur les évacuations.
Contacté pour réagir, le Ministère français des Affaires étrangères n’a pas fourni de commentaires à la fin de la journée. Le programme PAUSE, mis en place en 2017 par le Collège de France, a pour mission de soutenir les artistes et chercheurs menacés, en collaborant avec plusieurs ministères.
21 lauréats bloqués à Gaza
Marion Slitine a révélé que, parmi les lauréats précédemment sélectionnés, 21 personnes, toutes leurs familles comprises, sont actuellement bloquées à Gaza. Pour la dernière session, seulement 12 dossiers sur 67 ont été acceptés par les autorités concernées. Les demandes d'étudiants gazaouis sont également impactées par ces restrictions.
Dans un communiqué, France Universités a exprimé lundi son soutien indéfectible aux lauréats palestiniens du programme PAUSE, toujours piégés dans la bande de Gaza.
Un des lauréats, Ziad Medoukh, poète et enseignant à l'université Al-Aqsa, reconnu en 2011 comme chevalier de l'Ordre des Palmes académiques, a déclaré : "Nous espérons beaucoup de la France, car elle demeure, malgré tout, un symbole des droits humains."
Il convient de rappeler que cet été, le ministère des Affaires étrangères avait suspendu les évacuations de Gaza suite à une faille dans une procédure de vérification. En réponse à la pressions, la France avait repris les évacuations en octobre, accueillant 20 personnes sur le sol français. Depuis novembre 2023, plus de 500 individus ont été évacués, un effort coordonné par le Ministère des Affaires étrangères français.







