Le procès de 36 individus liés à la tragique collision ferroviaire de Tempé en Grèce a repris ce mercredi, malgré une ambiance surchauffée marquée par les protestations des familles des victimes. Ce procès, qui fait suite à l’un des pires accidents ferroviaires de l’histoire grecque, a été suspendu à plusieurs reprises, alimentant l’indignation et la frustration des proches des disparus.
À l’entrée de la salle de l’université de Larissa, des contrôles stricts ont été mis en place pour éviter une affluence semblable à celle du premier jour. Ce dernier avait été marqué par un chaos total, le juge Georgia Stefanidou ayant été contrainte de suspendre l’audience après moins de quatre heures de débat en raison d’un manque de place et de la chaleur écrasante.
La reprise de ce procès dans un amphithéâtre réaménagé a pour objectif de mieux accueillir les participants, comme le rapporte l’agence de presse ANA. Malgré cela, la police a limité l'accès strictement aux personnes convoquées, provoquant des réactions furieuses de la part des familles. Panos Ruci, dont le fils a perdu la vie dans l'accident, a exprimé son désespoir : "On ne peut rien voir", a-t-il déclaré, après avoir observé une grève de la faim en raison du refus des autorités d’exhumer son enfant pour des analyses.
- Cris et invectives -
Maria Karystianou, qui a perdu sa fille, a ajouté : "Tous les proches doivent être présents dans la salle d'audience. Le procès ne peut pas avoir lieu sans eux". Vassilis Hatziharalambous, qui a également souffert de cette tragédie, a dénoncé une salle d’audience inadaptée, affirmant qu'ils étaient relégués au fond de la salle.
Le procès a été ajourné jusqu’à lundi prochain. Rappelons que le 28 février 2023, la collision entre un train de voyageurs et un train de marchandises avait causé la mort de 57 personnes, dont de nombreux étudiants, et blessé des dizaines d’autres. Les familles espèrent que ce procès permettra d’élucider les raisons pour lesquelles les deux trains ont circulé sur la même voie pendant plus de dix minutes sans déclencher aucune alarme.
Le 23 mars, à la veille de l’ouverture du procès, des cris de colère avaient résonné au sein d’une salle trop petite pour accueillir les proches des victimes, les survivants, avocats et journalistes. Faute de places, plusieurs familles ont même dû s’asseoir sur le banc des accusés, alors que la majorité de ces derniers étaient absents. Cette tragédie ferroviaire a engendré une profonde colère au sein de la population grecique, qui continuent de dénoncer les carences de leur réseau ferroviaire, se sentant trahie par des années de mauvaise gestion et des systèmes de sécurité obsolètes, comme le souligne le quotidien Kathimerini.
Des familles se battent depuis trois ans pour que les failles dans l’enquête soient reconnues. Au total, trente-trois accusés font face à des charges pénales, risquant des peines de réclusion à perpétuité, avec plus de 350 témoins appelés à se prononcer à la barre. Parmi les accusés se trouvent le chef de gare de Larissa, Vassilios Samaras, interpellé dès le lendemain de l'accident, ainsi que d'autres responsables ayant quitté leur poste prématurément. Des cadres de l’Organisme des chemins de fer de Grèce (OSE) et des dirigeants de la compagnie Hellenic Train sont également sur le banc des accusés, tous comparant libres.
Malheureusement, aucun responsable politique n'a été traduit devant la justice, alimentant la rancœur des familles, alors que le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis est accusé de couvrir les véritables coupables de cette tragédie. Alors que deux anciens membres du gouvernement sont sous enquête, aucune audience judiciaire ne les a encore convoqués.







