La libération conditionnelle accordée en juillet à Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais propalestinien, a été annulée mercredi par la Cour de cassation. Bien que cette décision soit d'une portée essentiellement théorique, l'ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) vit désormais au Liban.
Dans son arrêt, la plus haute juridiction a précisé que "en cas de condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité, la libération conditionnelle ne peut être accordée tant que le condamné n'a pas été placé sous le régime de la semi-liberté, du placement à l'extérieur ou du placement sous surveillance électronique pendant une période d'au moins un an". Cette réglementation s'applique à tous les étrangers sans mesure d'éloignement.
La cour d'appel de Paris avait accordé une libération conditionnelle sous condition de quitter le territoire, justifiant que Georges Ibrahim Abdallah, n'ayant "aucune attache en France", devait être considéré comme un individu "sans titre de séjour". La Cour de cassation a toutefois rejeté ce raisonnement, soulignant le caractère inapproprié de cette évaluation.
Georges Ibrahim Abdallah, ancien leader des FARL, a été condamné à perpétuité pour sa complicité dans les assassinats de deux diplomates en 1982 : le lieutenant-colonel américain Charles Ray et l'agent israélien Yacov Barsimantov, tué dans une attaque à Paris. Abdallah nie toute implication, se concentrant plutôt sur sa vision des "actes de résistance" face à l'oppression israélienne et américaine.
Libérable depuis 1999, Abdallah se trouvait parmi les plus anciens détenus en France, après avoir passé plus de 40 ans derrière les barreaux. Sa sortie est survenue après que la cour d'appel ait déclaré que la durée de sa détention était "disproportionnée" par rapport aux crimes pour lesquels il avait été condamné et en tenant compte de son âge. Il va célébrer ses 75 ans ce jeudi, témoignage d'une vie marquée par des décennies de controverse.







