L'histoire de François Hollande s'apparente à un récit cinématographique. De son élection en 2012 contre Nicolas Sarkozy, impensable un an plus tôt, à sa décision de ne pas se représenter en 2016, la trajectoire de l'ex-président est atypique. La question se pose : peut-il envisager un retour en 2027 ?
Ce jeudi, lors d'un entretien avec Marianne, François Hollande a esquissé ses ambitions : "Comment être utile aujourd'hui ? En me préparant." Ce qui relance les spéculations sur une candidature, une hypothèse agitée dans les cercles politiques depuis plusieurs semaines.
Hollande insiste sur sa différence avec les candidats actuels, affirmant : "J'ai déjà été président et je n'ai pas été candidat à ma propre succession en 2017. Je ne vis pas le pouvoir de manière passionnelle, mais ma relation avec la France est essentielle." Ces mots viennent du cœur d'un ancien chef d'État, ce qui, pour l'expert Pascal Perrineau, lui confère une certaine légitimité présidentielle, en particulier dans un climat mondial incertain.
"Les Français, même ceux qui le désapprouvent, reconnaissent en lui une capacité à diriger", souligne Perrineau, rappelant que sa connaissance du Parti socialiste (PS) est un atout, même si ses relations avec l'actuel premier secrétaire, Olivier Faure, sont tendues.
Hollande pourrait également rassembler autour de son bilan en matière de sécurité et de réformes sociales.
Une "capacité présidentielle" embourbée
Néanmoins, la route vers un retour à l'Élysée est parsemée d'obstacles. Le PS n'a pas encore fixé les modalités de désignation de son représentant. Si le projet d'une primaire se concrétise, Hollande devra suivre les règles établies ou se retirer, selon Laurent Baumel, un député du PS. "Sa candidature n'a de chance d'exister que si la primaire échoue", précise-t-il, soulignant le scepticisme de Hollande quant à ce processus.
Parallèlement, de nombreux candidats potentiels compliquent la situation, avec des figures comme Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin et Marine Tondelier en lice, ce qui pourrait fragmenter les voix de la gauche. "La dynamique des candidatures pourrait compromettre les chances de rassemblement", avertit Baumel.
Les évaluations de popularité compliquent les choses
La question cruciale demeure : les électeurs prêteront-ils de nouveau confiance à Hollande, dont la présidence a été marquée par une impopularité record ?
"Son quinquennat s'est terminé dans la désillusion", note Perrineau. Selon les sondages, Hollande ne dépasserait pas 8,5 % d'intentions de vote, le positionnant loin derrière ses concurrents.
Le poids du passé
En tant que figure du PS, l'interview récente n'a pas surpris les observateurs, et pour Aurore Lalucq, eurodéputée, les ambitions de Hollande et Raphaël Glucksmann pourraient être complémentaires. Cependant, il est clair qu'au sein du PS, la compétition se intensifie et le chemin vers la candidature pourrait se réduire davantage.
Hollande lui-même reste prudent. "Je suis prêt", avait-il déclaré en 2016. La question est donc : François Hollande pourra-t-il tourner la page pour une nouvelle histoire politique ?







