La France a fait parler d'elle en s'abstenant de voter pour une résolution de l'ONU qui qualifie la traite des esclaves africains de crime majeur contre l'humanité. Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie française, a exprimé que ce choix s'inscrit dans le cadre d'une volonté de ne pas établir une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité.
Interrogé lors d'une visite officielle à Lomé, il a précisé avoir plaidé pour la levée de la suspension des chaînes France 24 et Radio France Internationale au Togo, une situation qui dure depuis juin 2025, provocant une tension diplomatique.
"Notre abstention est dictée par le refus de créer des classements entre les souffrances humaines", a-t-il déclaré, ajoutant que le travail de mémoire doit se faire sans hiérarchiser les douleurs. Il a également souligné l'importance de reconnaître les aspects sombres et lumineux de l'histoire collective.
"Construire un avenir en commun"
Barrot a insisté sur la nécessité d'un travail de mémoire pour construire un avenir partagé. "Il est impératif d'aborder notre passé, tant dans ses dimensions positives que négatives", a-t-il ajouté.
La résolution, adoptée avec 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, condamne la traite des Africains réduits en esclavage comme une des plus graves injustices de l'histoire.
"Propos inexacts et tendancieux"
Le texte, porté par le président ghanéen John Mahama, appelle les États à s'engager dans un processus de justice pour réparer les abus du passé. Cela inclut des excuses formelles, des réparations pour les descendants et la restitution de biens culturels.
Barrot a rencontré des dirigeants togolais, activité qui coïncide avec un rapprochement du Togo avec des puissances comme la Russie, tout en exprimant la volonté de renouer un dialogue constructif avec Paris.
Cette abstention continue d'alimenter le débat sur le rôle de la France dans l'esclavage et ses répercussions contemporaines, un sujet qui demeure délicat dans le paysage politique et social français.







