La récente résolution adoptée par l'ONU, que la France a choisie d'ignorer par son abstention, a relancé le débat autour de l'esclavage. Ce texte, qui a reçu le soutien de 123 pays, qualifie la traite des Africains et l'esclavage racialisé comme les crimes les plus graves contre l'humanité. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a justifié cette abstention en expliquant que la France “refuse de créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité” lors d'une déclaration faite à Lomé, au Togo, le 25 avril dernier.
Cette décision suscita un vif débat dans le monde politique et au sein de la société civile. En effet, l'esclavage transatlantique a eu des conséquences dévastatrices pour des millions d'individus, et a marqué l'histoire de l'Afrique de l'Ouest et centrale. Michelle Leclerc, historiienne spécialisée dans les questions de mémoire, a déclaré à France 24 que “ce refus d'hierarchiser les crimes pourrait être perçu comme une minimisation de la douleur causée par l'esclavage”.
Alors que des pays comme les États-Unis, Israël et l'Argentine ont voté contre la résolution, et que d'autres, comme le Royaume-Uni, se sont abstenus, la position de la France a ravivé des tensions sur mémoires historiques. Le texte de l'ONU appelle les États à engager des démarches de réconciliation, incluant des excuses formelles et des réparations pour les descendants des victimes. Cela soulève la question de la volonté politique de la France, et d'autres nations, de réellement aborder ce chapitre sombre de leur histoire.
Jean-Noël Barrot a réaffirmé la nécessité d'une réflexion collective sur le passé : “Il est essentiel de travailler sur la mémoire pour construire un avenir commun. Cela inclut de reconnaitre à la fois les aspects lumineux et sombres de notre histoire.” La dernière fois qu'un ministre français des Affaires étrangères a visité le Togo remonte à 2002, soulignant l'importance de ces retrouvailles diplomatiques, alors que les critiques s'intensifient autour de la gestion de la mémoire coloniale.
La résolution, adoptée fin mars par l'ONU, se positionne non seulement comme un constat, mais également comme un appel à l’action. Les décisions futures de la France sur ce sujet pourraient peser lourdement dans les relations franco-africaines et influencer le débat national autour de l'esclavage et de ses conséquences.







