Lors du procès libyen, Nicolas Sarkozy a contredit les déclarations faites par Claude Guéant, son ancien bras droit, en affirmant que Mouammar Kadhafi n'avait jamais évoqué le sort judiciaire de son beau-frère durant un dîner officiel à Tripoli en 2007. Selon Sarkozy, la seule mention faite par Kadhafi remonte à 2005, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, et il a fermement refusé de s'impliquer dans cette affaire.
Ce point est crucial dans le contexte d'une accusation qui soupçonne un éventuel pacte de corruption entre l'entourage de Sarkozy et le régime libyen. Ce pacte aurait permis le financement de la campagne présidentielle de 2007 en contrepartie de faveurs, telles que l’examen du sort d'Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité en France pour un attentat meurtrier.
Dans des courriers adressés à la cour, Guéant, actuellement absent pour des raisons de santé, a rapporté une nouvelle version. Il prétend que, lors d'un dîner en juillet 2007, Sarkozy l'aurait chargé de rappeler à Kadhafi les préoccupations liées à Senoussi. Cette demande, selon Guéant, serait significative lorsqu'elle émane d'un chef d'État.
Nicolas Sarkozy a rapidement contré ces dires, déclarant que lui et Guéant n'avaient jamais cherché à satisfaire les demandes libyennes concernant Senoussi. Il a également souligné qu'il avait publiquement refusé toute forme d'amnistie à l'époque et que cette question n’avait jamais été soulevée lors des discussions pour la libération des infirmières bulgares ou lors de la visite de Kadhafi à Paris.
« Je ne dis pas que M. Guéant ment ; sa mémoire a évolué », a commenté Sarkozy, remettant en question la fiabilité des souvenirs des événements datant de 19 ans.
Les deux protagonistes se battent contre des condamnations à cinq et six ans de prison pour une association de malfaiteurs concernant ce supposé pacte. Pour Sarkozy, ce procès, qui devrait se conclure fin mai, est déterminant pour son honneur en tant qu'ancien président et sa liberté, rappelant ses 20 jours de détention suite à une précédente condamnation.
L'affaire s’inquiète également des implications diplomatiques, car les autorités libyennes auraient exigé plusieurs contreparties, y compris des discussions relatives à l'avenir d'Abdallah Senoussi, un homme clé du régime libyen de Kadhafi.
Par ailleurs, un témoin a relayé une réunion en Libye impliquant des avocats de Sarkozy, où des discussions sur la situation juridique de Senoussi auraient eu lieu. Un élément soupçonné d'être au cœur de cette intrigue complexe.
En réaction, l'avocat de Claude Guéant, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a critiqué les affirmations de Sarkozy, affirmant qu'elles n'ont pas amélioré l'état de santé de son client et ont même infligé un « coup au moral ».







