La capture de Nicolás Maduro par les États-Unis a provoqué une onde de choc non seulement au Venezuela, mais aussi au sein de l'élite politique française. Après près de 96 heures d'un silence relatif, Emmanuel Macron a finalement exprimé, par l'intermédiaire de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qu'il "n'approuvait pas" la méthode utilisée par Donald Trump. Ce manque de clarté sur le respect du droit international a pourtant renforcé les critiques à son encontre.
Depuis l’annonce de cette opération, nombreux sont ceux qui ont exprimé leur mécontentement. Des figures de la gauche française, ainsi que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, se sont prononcées contre les propos de Macron, qui ont semblé minimiser la gravité de la situation en se concentrant sur le fait que les Vénézuéliens étaient, selon lui, "débarrassés de la dictature Maduro". "Ne pas mentionner le droit international dans un discours aussi important est pour le moins inquiétant," a déclaré le député Ludovic Mendes, interpellant ainsi la nécessité de respecter des conventions établies.
Les critiques s'intensifient également au sein de son propre camp. Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre, a exprimé des inquiétudes similaires en soulignant que l’intervention américaine soulève de grandes questions sur le non-respect des règles internationales. "Nous ne pouvons fermer les yeux sur le fait que cette opération est guidée par des intérêts économiques," a-t-elle tweeté.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a également averti que cette opération américaine pourrait établir un dangereux précédent. En effet, il redoute que des actions similaires puissent inciter d'autres pays, comme la Chine, à poursuivre des initiatives impérialistes, notamment autour de Taïwan.
Ce qui se révèle être un point de discorde majeur pour le gouvernement français est la crainte que ces événements ne poussent des nations à agir unilatéralement en se fondant sur de tels exemples. Avec Donald Trump récemment évoquant sa volonté d'intervenir même au Groenland, le spectre d'une diplomatie internationale chancelante se profile.
Les interventions diplomatiques françaises, selon certains experts, doivent s’aligner sur une vision multilatérale, mais il semble que Macron cherche à équilibrer ses réactions face à un partenaire américain imprévisible. Comme l’a noté la députée Renaissance Céline Calvez, sa prudence peut être interprétée comme une volonté de maintenir des canaux ouverts pour éviter une escalade inutile. Cependant, cela soulève des interrogations sur la véritable position de la France dans le panorama mondial.
En résumé, la situation au Venezuela, aggravée par la capture de Maduro, met en lumière de profondes divisions au sein du gouvernement français, tout en rappelant que l’équilibre entre la diplomatie et le respect du droit international est plus fragile que jamais.







