Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé son effroi et son indignation face aux récentes allégations concernant un diplomate français mentionné à plusieurs reprises dans les fichiers Epstein. Ce dernier aurait aussi été la cible d'une enquête américaine pour consultation d'images pédopornographiques.
C'est avec stupeur que Barrot a pris connaissance de ces informations, révélées récemment, se disant personnellement indigné. Lors d'une interview accordée à RTL, il a déclaré : "Lorsque j'ai pris connaissance de ces éléments, j'ai été effaré. J'ai immédiatement signalé les faits à la justice et j'ai lancé une enquête administrative, ainsi qu'une procédure disciplinaire, comme il se doit."
Concernant l'enquête du FBI pour consultation d'images pédopornographiques datant de 2013, mise en lumière par 20 Minutes et Mediapart, Barrot a insisté sur la nécessité d'obtenir des éléments vérifiables à partir de l'enquête administrative, soulignant que les faits doivent être clairement établis.
Il a également pris soin de défendre l'intégrité du Quai d'Orsay, appelant à éviter que cette affaire ne ternisse la réputation des agents du ministère des Affaires étrangères, qui ne devraient pas être associés à de telles allégations.
La personne visée par ces accusations, Fabrice Aidan, est actuellement en disponibilité pour raisons personnelles. Ancien secrétaire des Affaires étrangères, il a récemment été suspendu de sa fonction au sein du groupe énergétique Engie, selon une déclaration de l'entreprise à l'AFP.
Des documents obtenus par l'AFP révèlent que Aidan apparaît à plus de 200 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein, les premiers datant de 2010. À cette époque, il travaillait aux Nations Unies, où il était en charge de la logistique du diplomate norvégien Terje Rød-Larsen.
Ce dernier, ainsi que son épouse Mona Juul, font actuellement l'objet d'une enquête en Norvège pour complicité de corruption aggravée et corruption aggravée, respectivement, à la suite de la publication de millions de documents par la justice américaine.
Des échanges fréquents entre Aidan et Epstein sont rapportés, allant de l'envoi de documents institutionnels à des demandes apparemment anodines, comme la pointure de Rød-Larsen pour un cadeau de chaussures aux initiales de ce dernier.
Il est important de souligner que figurer dans les correspondances d'un individu reconnu coupable de crimes sexuels ne signifie pas nécessairement un acte répréhensible de la part du diplomate.
Cependant, un autre aspect plus préoccupant a émergé. D'après plusieurs sources, dont Gérard Araud, ancien représentant permanent de la France aux Nations Unies de 2009 à 2014, Aidan avait été ciblé par une enquête du FBI à l'époque pour consultations répétées de sites pédopornographiques. Araud a confirmé avoir été informé par les services de sécurité de l'ONU sur un rapport du FBI évoquant des accès à des contenus illégaux.
"J'ai immédiatement contacté Paris pour demander le renvoi de M. Aidan en France", a déclaré Araud. "Il n'a pas été exfiltré, mais renvoyé pour être pris en charge tant sur le plan légal que psychologique par le ministère des Affaires étrangères." Toutefois, les détails concernant les suites de cette affaire demeurent flous.
À l’époque des faits, Fabrice Aidan se trouvait sous l'autorité des Nations Unies. Araud a décrit Aidan comme étant "le petit assistant" de Rød-Larsen, ajoutant qu'il n'était pas un diplomate de haut niveau, mais plutôt un collaborateur technique chargé de missions logistiques.







