Ce samedi, Philippe Janicot a été réélu maire de Boisseuil, en Haute-Vienne, malgré des accusations de viols portées par quatre femmes. Dans une atmosphère tendue, la séance d’installation du nouveau conseil municipal a rapidement révélé les préoccupations locales.
Les premières minutes de la réunion ont été marquées par l'intervention d'Amandine Coiraud, l'élue d'opposition, qui a exprimé son incompréhension face à la situation. « Nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes représentés par quelqu'un qui pourrait ne pas administrer son territoire de manière conventionnelle », a-t-elle déclaré. Les tensions dans la commune de près de 3000 habitants sont palpables, surtout depuis que les plaignantes ont révélé avoir été filmées à leur insu.
Philippe Janicot, qui a purgé une détention provisoire de dix jours, gère désormais la commune à distance depuis Bordeaux, en raison d'un contrôle judiciaire qui l'empêche de se rendre à Boisseuil en dehors des conseils municipaux. Il a été réélu avec un maigre avantage de 55 voix, et malgré son absence de campagne sur le terrain, il reste déterminé. « Ce qui me manque, c'est la convivialité », a-t-il reconnu, tout en assurant que ses fonctions étaient bien remplies. La situation a toutefois nécessité la présence de deux gendarmes lors de la séance pour prévenir d’éventuelles tensions.
Le climat dans la commune est partagé. D'un côté, des habitants se montrent inquiets et dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un malaise. Une résidente a déclaré : « Nous sommes la risée de la France ! » tandis qu'une autre a insisté sur le choc ressenti par les victimes en voyant leur accusateur assumer ses responsabilités. D'un autre côté, des électeurs soutiennent toujours leur maire, arguant qu'il bénéficie de la présomption d'innocence, comme l’indique Catherine, qui estime qu'il serait injuste de poursuivre une personne qui n'a pas encore été jugée.
Alors que plusieurs voix se demandent comment cette situation pourrait perdurer, notamment en termes de gestion à distance, Amandine Coiraud reste sceptique quant à l'avenir. « Je ne vois pas comment cette gestion à distance pourrait tenir sur le long terme », a-t-elle laissé entendre. La nécessite d’un suivi judiciaire est ressentie comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de la municipalité.
À la fin du conseil, Philippe Janicot a tenté de transformer l'atmosphère en accueillant chaleureusement ses colistiers pour un moment convivial, ignorant visiblement les nghiènes préoccupations qui planent sur sa réélection.







