Et si nous privilégions davantage les produits locaux dans les années à venir ? C'est l'objectif d'un vaste projet qui a été lancé ce jeudi en Bourgogne-Franche-Comté, visant à transformer le paysage agricole et à diminuer la dépendance vis-à-vis des importations étrangères.
L'État a initié un grand programme agricole dans toutes les régions de France, et la Bourgogne-Franche-Comté ne fait pas exception. Le coup d'envoi a été donné le 16 avril lors d'une grande réunion rassemblant 180 personnes à Dijon, à l'institut Agro du campus universitaire. L'ambition derrière cette initiative est claire : retravailler le secteur agricole régional pour ne plus dépendre des autres pays et limiter les importations.
Avec cette initiative, l'idée est de reprendre le contrôle sur notre alimentation. Par ailleurs, il est crucial d'éviter les pénuries, comme celles observées avec les rayons de farine vides en début de guerre en Ukraine. Il est également nécessaire d'aligner la production agricole sur les exigences contemporaines telles que l'augmentation de la consommation de volaille, qui est largement importée. Vincent Lavier, président de la Chambre régionale d'agriculture, souligne : "Avec l'augmentation de la consommation de viande blanche, notre région doit impérativement développer sa production".
Un passé agronomique à redécouvrir
Une autre filière à redynamiser concerne celle des fruits et légumes. "Nous avions une riche tradition de production légumière qui s’est perdue, souvent à cause de l’urbanisation et d’un manque de rentabilité. Il est essentiel de reconstruire une filière de légumes qui soit attractive et durable". Selon les experts, avec le changement climatique, des expérimentations autour de nouveaux produits tels que les abricots et les pommes doivent être envisagées.
Il est indéniable qu'une telle réinitialisation est nécessaire. Un expert de l'agriculture regionnale déclare : "Nous devons encourager une nouvelle génération à reprendre les rênes avant la retraite de nombreux agriculteurs dans les années à venir. Il y a un travail de fond à réaliser d'ici fin juin, lorsque les projets concrets par filière seront présentés". La vision de ce plan ambitieux s'étend jusqu'en 2036, où l'autonomie régionale en matière de production agricole pourrait devenir une réalité.







