Le festival "Sur le champ!" célèbre ses 10 ans sur le champ de Mars de Valence avec trois soirées de concerts gratuits, allant du 22 au 24 juillet. Les grands noms comme Oxmo Puccino, Stephan Eicher et Fatoumata Diawara y seront présents, accompagnés d'artistes locaux.
Dès qu'une maison est mise en vente, des sympathisants de la communauté s'arrangent pour l'acheter, déclare Clémence Delahaye, membre de l'association des Ami.es de la Bourges, qui pointe du doigt l'influence croissante de la famille missionnaire Notre-Dame (FMND) dans sa commune. La dernière élection municipale a vu leurs empreintes se révéler clairement : "Aujourd'hui, des membres de la communauté siègent au conseil municipal", souligne-t-elle.
Clémence a fourni des documents de la FMND, datés de 2010 à 2024, faisant état de rencontres et d'événements liés à la congrégation, dans lesquels figurent les noms de la nouvelle maire, Magali Monier, et de son premier adjoint, Claude Minjoulat-Rey. La maire n'a pas souhaité commenter cette influence, se limitant à dire "je reste en dehors" lorsqu'on lui a soumis des questions concernant le projet d'une église géante.
Kidnapping d'un lieu préservé
Les opposants afirment que la FMND, récemment condamnée par le tribunal de Privas pour certaines de ses pratiques, avancent leurs pions à la limite de la légalité. "Ils inscrivent sur les listes électorales des personnes qui n'y vivent pas, mais se domicilient à l'adresse de la congrégation", explique Clémence. Étonnamment, 84 religieux ont voté pour la liste de Monier sans être résidents permanents, une pratique qui soulève des questions d'éthique et de réglementation, même si elle n'est pas illégale.
"Comment peut-on vivre ensemble tout en se protégeant de cela ? Ils flirtent avec les limites de la loi", déplore une habitante d'Ardèche, qui lutte depuis 2019 contre ce projet de complexe religieux. "C'est comme un kidnapping d'un lieu préservé par une communauté qui prétend que c'est ainsi qu'elle peut exprimer sa foi".
Multiples procédures judiciaires
Pour contrer cette situation, les habitants s'engagent dans des actions de résistance et des démarches légales. La dernière audience s'est tenue le 5 mai devant la cour d'appel administrative de Lyon. Les membres de l’association contestent le permis de construire obtenu, qu'ils jugent entaché de fraudes, notamment en raison d'omissions concernant des espèces protégées à l’emplacement prévu pour le projet.
Cette bataille juridique est d'autant plus ardue qu'il leur faut prouver l'intentionnalité des omissions de la FMND. En première instance, leur plainte avait été rejetée. Selon Me Giudicelli, avocat de la FMND, le rapporteur public a recommandé le rejet de leur demande. Si les juges suivent cet avis, le chantier restera bloqué par un arrêté préfectoral de 2024, stipulant qu'une étude environnementale formelle est nécessaire.
Chronologie des événements
- 2018 : La FMND dépose le projet de construction d'une église de 3 500 places.
- Décembre 2018 : Le permis de construire est délivré par la mairie.
- Août 2019 : Début des manifestations d'opposants.
- Septembre 2020 : La suspension de l’autorisation de chantier est prononcée par le ministère de la Transition écologique.
- Février 2023 : Rejet du recours des opposants contre la reprise des travaux.
- Octobre 2023 : Des militants s'enchaînent à une pelleteuse pour protester.
- Novembre 2023 : Le tribunal judiciaire de Privas suspend le chantier en référé.
Les luttes d'influence et les tensions autour de l'édification de cette église continuent d'alimenter les débats dans cette commune ardéchoise, avec des conséquences qui se dévoileront au fur et à mesure des audiences et procédures à venir.







