Ce mercredi, les élus de Coutances mer et bocage se réuniront pour élire leur vice-président à la santé. Lors de cette occasion, une vingtaine de professionnels de santé du centre-Manche ont exprimé leurs préoccupations concernant la durabilité des projets en cours, notamment ceux liés à l'ancienne clinique.
Devant l'écopôle du Ham, près de Montebourg, une trentaine de riverains sont rassemblés, brandissant des pancartes telles que "J'ai de la Spen à respirer" et "Spen : Société polluante et nauséabonde". Les élus, après s'être identifiés auprès du vigile, se dirigent vers la salle de la première réunion de concertation sur le prolongement du centre d'enfouissement. Cette concertation est initiée par le gestionnaire, la Spen-Véolia, parallèlement à un comité de suivi organisé par la préfecture.
Cette concertation vise à informer et dialoguer avec les acteurs locaux, incluant élus et associations environnementales. Seuls quelques membres du collectif Ensemble contre le projet d'enfouissement ont pu assister à la réunion. La présidente du collectif, Monique Gousset, a décrit le quotidien difficile des riverains, soulignant : "Il y a beaucoup de gens vivant à moins d'un kilomètre de là. Ce site est entouré d'habitations et crée de nombreux problèmes".
"On ne croit pas trop à vos promesses"
Bruno Depierre, directeur général de la Spen Normandie, a répondu : "Je comprends que vos préoccupations soient légitimes. Nous travaillons sur la maîtrise de notre impact". Toutefois, Monique Gousset a insisté : "Nous voyons 100 camions venir et repartir. Cela engendre des nuisances olfactives, sonores et immobilières. Les promesses de réduction de trafic ne semblent pas tenir la route".
Le projet prévoit d'accueillir 125.400 tonnes de déchets d'ici 2026, dont près de la moitié seraient des ordures ménagères. Des prévisions montrent une augmentation à 131.700 tonnes d'ici 2030, suite à la fermeture d'un autre centre. La Spen-Véolia envisage de ne pas étendre la superficie du site, mais d'élever la structure de deux mètres, présentée comme un "compromis pour faire le lien" jusqu'à l'ouverture de l'usine de valorisation énergétique de Cavigny, prévue pour début 2023. Toutefois, le centre arrivera à saturation dès 2028.
Dépôt de demande espéré à la fin de l'année
Les riverains, comme Annie d'Eroudeville, craignent une exploitation jusqu'en 2038. "On nous promet de gérer les déchets, mais on perd nos droits", déplore-t-elle. La concertation envisagera plusieurs étapes jusqu'en octobre, avec un dépôt de demandes aux autorités à la fin de l'année. Bruno Depierre a précisé : "Si nous n'obtenons pas cette autorisation, l'enfouissement cessera fin 2028". Cependant, des activités de valorisation des déchets resteront en place.
Une rencontre publique sera organisée en juin pour présenter le projet aux habitants, une étape cruciale pour apaiser les inquiétudes des riverains.







