La commune de Canet-en-Roussillon est confrontée à une amende significative pour ne pas avoir atteint ses objectifs de logements sociaux. Stépahne Loda, le maire, qualifie cette sanction de "totalement injuste" et dénonce un système qui ignore les réalités locales, mettant en péril certains services publics essentiels.
« C’est totalement injuste, absurde, et la préfecture est totalement hors sol », s’exclame Stéphane Loda, après l’annonce d’une amende record de 379 737,97 euros infligée par la préfecture des Pyrénées-Orientales. Cette amende découle de la violation de la loi SRU, qui impose aux communes de respecter un quota minimal de logements sociaux.
En tant que deuxième ville la plus peuplée de la région, Canet-en-Roussillon compte actuellement 852 logements sociaux, bien en deçà des 1 356 logements manquants selon les calculs relatés par le journal Le Figaro. Loda précise que les restrictions imposées par la loi Littoral, qui protège le littoral contre une bétonisation excessive, rendent ces objectifs presque impossibles à atteindre. « Nous ne pourrons, en estimant nos capacités sur dix ans, produire que maximum 400 logements, dont certains seront destinés au privé », assure le maire.
Il est également accusé, par certains détracteurs, de préférer régler l’amende au lieu de promouvoir la construction de nouveaux HLM. Toutefois, Loda insiste sur sa volonté de développer des logements sociaux adaptés aux besoins des 1 000 salariés du pôle nautique local. « La préfecture ne me donne que le bâton dans ce jeu de carottes et bâtons », illustre-t-il, dénonçant le manque de soutien de l'État.
Quelle solution possible ?
Comment la commune va-t-elle composer avec cette amende ? Stéphane Loda promet qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts, mais admet qu’une réduction des services publics est inévitable. « C’est un crève-cœur, mais il faudra diminuer l’entretien des voiries », conclut-il avec amertume.
Il propose que l’Assemblée nationale modifie la loi SRU pour mieux tenir compte des spécificités des communes littorales, à l’instar d’exonérations accordées à Neuilly-sur-Seine en raison de la saturation du foncier. En revanche, d'autres communes des Pyrénées-Orientales, comme Le Barcarès, continuent d'être pénalisées par des amendes. Pour sa part, la préfecture assure que ces amendes sont destinées à enrichir les caisses de l'agglomération et ne nuisent pas directement aux habitants.







