Actuellement, devant la cour d'assises de Gironde, cinq hommes sont jugés pour des violences qui ont conduit à la cécité d’un jeune homme lors d’un match en 2020. En parallèle, un autre triste chapitre se déroule au sein du Rugby Club Cubzagais (RCC). Les 20 joueuses de l’équipe féminine, âgées de 16 à 18 ans, se disent victimes de représailles après avoir dénoncé leur entraîneur, condamné pour corruption de mineurs en mai dernier. Ce dernier est le fils du président du club, ce qui complique encore davantage la situation.
« Après la saison qui nous a menées en demi-finale, l'entraîneur a été reconnu coupable et a écopé d'une peine de prison avec sursis, mais on nous a privées d'entraînement sous prétexte de perturber la sérénité du club », explique Pauline, 18 ans. Les inquiétudes concernant des comportements inappropriés de l'entraîneur ont émergé dès décembre, générant un climat de peur parmi les joueuses.
La mère d'une cadette, Clémentine, mentionne le mépris du club face à ce scandale : « Après la condamnation, un message a circulé pour minimiser l'affaire. Comment peut-on passer à autre chose si vite ? » De son côté, Benjamin Sala, un entraîneur qui a tenté d’alerter sur ces comportements, déclare avoir été ostracisé après avoir insisté pour que le club se porte partie civile. « J'ai écrit une lettre ouverte en essayant de faire entendre notre voix, mais j’ai été limogé le soir même », confie-t-il.
Les parents des joueuses se mobilisent. « Ils veulent faire taire celles qui prennent la parole. Les filles ne devraient jamais se sentir punies pour avoir révélé la vérité », souligne Jean-Claude, père d'une cadette. Pour le président du RCC, toutefois, il est essentiel de communiquer que tout est transparent, évoquant une campagne de diffamation orchestrée par des membres dissidents. « Nous avons alerté la Ligue de Nouvelle-Aquitaine dès que nous avons eu des signaux d'alerte », insiste Stéphane David, le président du club.
Alors que des tensions persistent, les cadettes ont exprimé leurs désirs de continuer à jouer et d'être reconnues. Elles s’organisent même pour faire entendre leur voix lors d’événements en dehors du club. Lors des finales du Terroir, des affiches de soutien ont été créées, mais le club a directement menacé d’appeler les gendarmes si cela se produisait dans leurs installations.
« Cette situation suscité par des adultes montre à quel point les jeunes filles sont laissées pour compte » note Benjamin Sala. Le Comité départemental de rugby de Gironde, sous le leadership de Pascal Cazeaux, a tout de même pris note des événements et s’est engagé à suivre de près la situation, même s’il déplore que le moment pour parler de ces problèmes était peut-être inapproprié.
Cette affaire, qui met en lumière des comportements sexistes et des abus de pouvoir dans le sport amateur, mérite d'être gravement examinée. Les jeunes filles du RCC, bien que confrontées à des défis immenses, continuent de se battre pour leur droit à une sécurité et à un respect qui devraient être inhérents à toute pratique sportive.







